• Best of 2015 : albums, EP, singles, livres, films

    Albums :
     - Aline, "La vie électrique"
     - H Burns, "Night moves"
     - Motorama, "Poverty"
     - Baden Baden, "Mille éclairs"
     - Sacri Cuori, "Delone"
     - Triptides, "Azur"
     - Summer Fiction, "Himalaya"
     - Requin Chagrin, "Requin chagrin"
     - The Rodeo, "La Musica Del Diavolo"
     - Venera 4, "Eidôlon"
     - Pascale Borel, "Par ailleurs"
     - Petite Noir, "La vie est belle / Life is beautiful"

    Best of 2015 : albums, EP, singles, livres et films


    EP et singles :
      - Victorine, "Désunis de l'univers"
      - Victorine, "La rentrée"
      - Jo Wedin & Jean Felzine, "EP"
      - Le Couleur, "Dolce Désir"
      - Coming Soon, "Sun gets in"
      - Alpaca Sports, "When you need me the most"
      - Nevski, "Nevski"
      - The Pirouettes, "Je nous vois"
      - Sans Sebastien, "Pacific"
      - Agency, "Strawberries in a gunfight"
      - I Can Fly, "I can fly EP"
      - Marc Desse, "Griffith Park"
      - La Féline, "Zone"
      - Baptiste W. Hamon, "Nouvel été"
      - X&Y, "The miracle of ..."

    Best of 2015 : albums, EP, singles, livres et films


    Livres :
      - "Figurante", de Dominique Pascaud
      - "Basse Fidélité", de Philippe Dumez
      - "Le renoncement de Howard Devoto", de Benjamin Fogel
      - "Indie pop 1979-1997", de Jean-Marie Pottier
      - "Post-Punk : 1978-85",  de Pierre Mikaïloff et Pierre Terrasson
      - "Pop Culture", de Richard Mèmeteau

    Films :
      - "Love and Mercy", de Bill Pohlad
      - "Pulp, a film about life, death & supermarkets", de Florian Habicht

    Best of 2015 : albums, EP, singles, livres et films


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  • - Suede : Like kids

    - Vangoffey : Trials of a modern man

    - Aline : Les angles morts

    - H Burns : Night moves

    - Jo Wedin & Jean Felzine : Les hommes (ne sont plus des hommes)

    - Agua Roja : Joey

    - Surf Rock Is Dead : Equinox

    - Mini Vague : Le choix de l'autre

    - Sean Nicholas Savage : Suburban nights

    - Dodi El Sherbini : La nuit peut attendre

    - Pascale Borel : Pas ma faute


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  • Live report : concert de Nevski – Le Chat Noir (76, rue Jean-Pierre Timbaud, 75 011 Paris) le samedi 28 novembre 2015.
    Par Baptiste PETITJEAN.
    Photos d'Olivier REBECQ.

    Live report : concert de Nevski, 28 novembre 2015

    21 heures, dans la cave du Chat Noir, sifflent les premières Balles traçantes de Nevski. Quelques heures avant, j'ai pu discuter une trentaine de minutes avec les membres du groupe pendant leurs réglages son, quatre étudiants de 23-24 ans, « en voie de recherche de travail », s'amusent-ils.

    Malgré leur allure de jeunes types pas bien sérieux, leur musique est peut-être plus subtile qu'elle n'y paraît et que ce qu'ils peuvent en penser. Pour la composition et les textes, Rodolphe Binot, co-fondateur du groupe avec Quentin Leclère, reconnaît d'ailleurs que « chanter des paroles joyeuses sur un rythme entraînant lui semble assez inintéressant », cela ferait « ton sur ton ». Nevski préfère les textes tristounets et/ou métaphoriques, provoqués par des rythmes sautillants. Le titre Alligator, pépite composée et écrite en une nuit par Rodolphe, illustre parfaitement cette résolution typiquement pop. Des paroles qui ne sont enfantines qu'en apparence ; des mots en français, démarche « plus évidente, même si au début ça a été assez dur et perturbant de se confronter au fait que le gens comprennent les paroles ! », toujours selon Rodolphe.

    Live report : concert de Nevski, 28 novembre 2015

    21h20, Nevski joue En Angleterre, une ballade qui pourrait être le pendant retenu et ému du Jersey de Granville, et qui dans le set est encadrée par les solides Supernova et Derrière Ton Dos. Même schéma pour contenir la mélancolie des Rives de la Volga. Les nouveaux morceaux, ceux qui figureront dans l'album dont la sortie est prévue pour le courant de l'année 2016, toujours sur le label Out Of Map - dirigé par la mère de Rodolphe, une « vraie dictature familiale » -, sont plus tendus, portés par une section rythmique (Julien Reverchon à la basse et Simon Barret à la batterie) nerveuse et disposant d'une indéniable marge de progression en live. Tout au long du concert, on peut d'ailleurs apprécier le chemin parcouru depuis l'enregistrement en 2013 de leur premier EP (et unique, à ce jour), « Nevski ». Clairvoyant, Quentin confie : « en ce moment, on se prend plus pour un groupe de rock, on met pas mal de distorsion sur nos refrains... ». Cela fait-il de Nevski une formation difficile à suivre ? Non, même si le simple nom du groupe peut dérouter : Quentin et Rodolphe aimaient la sonorité du mot, tandis qu'on pense plutôt au héros national russe du XIIIème siècle, prince victorieux de la bataille de la Neva, entre autres… C'est bien à cause du supposé hommage à Alexandre Nevski qu'un groupe d'étudiants ukrainiens de Donetsk souhaitaient interviewer le groupe par mail… « On a préféré ne pas répondre ! », précise Quentin. Quand la géopolitique rencontre la pop indé !

    On retiendra aussi de ce concert au Chat Noir une reprise, bien vue, quoique pas suffisamment assumée, du plus bel hymne du tournoi des VI Nations, Flower Of Scotland, et une autre de The Jesus & Mary Chain, Head On. Au final, Nevski retombe toujours sur ses pattes, les morceaux sont plus ou moins pop, plus ou moins rock, pour un ensemble clairement indie. A suivre très attentivement ...

    Live report : concert de Nevski, 28 novembre 2015

    Setlist Nevski au Chat Noir (28/11/2015) : Balles traçantes > La Perspective > Supernova > En Angleterre > Derrière ton dos > Les Êtres humains > Les Rives de la Volga > Pacifique > Flower Of Scotland (Hymne écossais) > Bloody Mary > Alligator > Unter den Linden > Head On (The Jesus & Mary Chain cover)

    BONUS : interview "Dernier Coup" :
    Dernier coup de coeur de Simon Barret > « Connan Mockasin et leur pop psyché. »
    Dernier coup de foudre de Julien Reverchon > « Sur Tinder ! »
    Dernier coup de gueule de Quentin Leclère > « Les gens qui restent à gauche sur les escalators. »
    Dernier coup de rouge de Rodolphe Binot > « Hier soir, j'étais chez moi, tout seul. »

    Pour suivre les actualités de Nevski et pour commander leur EP :
      - Facebook : https://www.facebook.com/Nevski-390409384423202/
      - Twitter : https://twitter.com/Nevski_Dudes (@Nevski_Dudes)
      - Bandcamp : https://nevski.bandcamp.com/


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  • Interview croisée de Dorothée Hannequin et Laurent Blot, de The Rodeo.
    Par Baptiste et Gérald PETITJEAN.
    Photos d'Olivier REBECQ.

    Bien décidée à poursuivre son entreprise de mélange des genres, Dorothée Hannequin a emmené son dernier LP “La Musica Del Diavolo” (2015) au carrefour de sentiers folk et soul, rappelant ses influences américaines originelles, mais aussi pop et indé. C'est d'ailleurs sur ce dernier effort que se distingue la griffe de l'incisif guitariste Laurent Blot. Contactés suite au concert de The Rodeo au Petit Bain le 3 novembre dernier, je les ai retrouvés devant Record Station, disquaire bien connu des passionnés de vinyles (cf. notre interview de Quentin, de Record Station), pour une hivernale interview croisée, révélant leurs influences musicales convergentes.

    Interview de The Rodeo, 27 novembre 2015

    HOPPER ET ELDIA, LA FLÈCHE D'OR
    Baptiste et Gérald : Le premier EP de The Rodeo « My First EP » remonte à 2008, mais on imagine que vous vous connaissez depuis un peu plus longtemps. Vous vous souvenez de votre rencontre ?
    Laurent Blot : Je me souviens très bien de la première fois que j'ai vu Dorothée, c'était lors d'un concert avec son ancien groupe, Hopper. Mais c'est quelque temps après seulement que l'on a fait connaissance.
    Dorothée Hannequin : C'était à la grande période de la Flèche d'Or, vers 2004-2005 : des concerts gratuits tous les soirs, dont quelques groupes qui cartonnaient.
    LB : Pour moi c'est vraiment la dernière grande époque de concerts rock à Paris.
    DH : Avec nos groupes respectifs, Hopper et ELDIA, on a dû y jouer une bonne dizaine de fois, c'est là que nous sommes devenus potes.

    THE RODEO
    B&G : Dorothée, Laurent joue avec toi dans The Rodeo, comment est-il arrivé dans le groupe ?
    DH : Quand j'ai commencé The Rodeo, j'étais toute seule avec ma guitare, et un musicien m'accompagnait au violon. Il faisait également un peu de charango et de ukulélé. Et puis j'ai ajouté une guitare dans le groupe, c'est à ce moment que j'ai sollicité Laurent, pour un remplacement à la base. C'est aussi et surtout une histoire d'amitié.
    B&G : En ce qui concerne la composition et l'écriture dans The Rodeo, comment fonctionnez-vous ?
    DH : C'est moi qui compose et qui écris tout, depuis le début. Le premier album, « Music Maelström » (2011), est folk, tandis que le second, « La Musica Del Diavolo » (2015), est plus rock. C'est sur ce dernier LP qu'on va trouver la patte de Laurent.
    LB : Sur le dernier LP, il y a plusieurs titres qui ont été enregistrés il y a pas mal de temps, et qu'on avait déjà joués en live à plusieurs reprises. Il y a, bien entendu, des morceaux que j'apprécie tout particulièrement et que j'aime vraiment jouer en live, comme Odyssey. Peut-être que je suis moins à l'aise sur les morceaux les plus lents, c'est probablement dû au fait qu'en concert j'ai envie de voir Dorothée en Tina Turner (rires), à fond dans le morceau, et que quelque chose de dingue se dégage !
    DH : Autre chose sur notre collaboration : j'ai maquetté beaucoup de titres en amont avec Laurent, des titres qu'on avait travaillés ensemble. On a par exemple enregistré le titre Please Don’t Knock At My Door sur le dernier EP, « Tale Of Woe », en trois heures dans le studio de Laurent.
    LB : Idem pour le titre Egyptian Doll sur le dernier LP, on l'a fait en deux heures un soir.
    DH : Ce que j'aime chez Laurent, c'est sa spontanéité. Sans oublier qu'il est capable de jouer de la guitare, de la basse, de la batterie, qu'il sait faire des chœurs… Il sait tout faire ! Ce qui est magique c'est qu'on se lance parfois dans l'écriture d'un morceau, on trouve une idée et au bout de quelques heures sort un truc qui me semble parfait… Je n'aime pas passer des jours et des jours sur un morceau. La spontanéité, car elle ne gomme pas certaines fragilités, donne toujours des résultats assez magiques.

    B&G : Parlons de ton jeu de guitare Laurent. A l'écoute, mais aussi quand on te regarde jouer en live, on pense immédiatement au guitariste de Franz Ferdinand…
    LB : J'accepte ! Je suis évidemment fan du jeu de guitare de Nick McCarthy. Franz Ferdinand fait partie de mes groupes préférés. J'imagine que ça m'a influencé. Je ne suis pas sûr que je jouais comme aujourd'hui avant d'écouter leur premier album… Parmi les guitaristes qui m'inspirent beaucoup, il y a aussi Chuck Berry : des solos inimitables, une série de notes pas forcément gigantesque, mais tellement efficace ! Récemment, j'ai aussi beaucoup écouté la Stax, et notamment leur groupe maison, Booker T. & The MG's , dont le guitariste posait seulement quelques notes, mais toujours celles qu'il fallait… Je pourrais citer également John Lee Hooker. Ou Graham Coxon, dans un certaine mesure : fabuleux guitariste, avec Blur ou en solo il tente beaucoup de sons, qui débouchent sur des mélodies parfois bizarres, mais toujours géniales. Pour finir, il y a un groupe dont les parties de guitare sont tellement intelligentes, c'est The Coral. Je vais les voir à Manchester en avril d'ailleurs.
    DH : Ce qui est dur quand tu es guitariste, c'est de ne pas être trop bavard, de ne pas en faire trop, de ne pas avoir une myriade de pédales d'effets... Il faut savoir laisser des respirations, des espaces pour la musique, ce que Laurent sait parfaitement faire. En ce qui concerne le jeu de guitare, j'aime beaucoup son style très incisif, assez sec.

    B&G : Dorothée, on peut recenser beaucoup d’invités sur ton dernier LP, peux-tu nous parler de l'apport de quelques-uns d'entre eux ?
    DH : Je tiens déjà à dire que ce sont tous des amis musiciens. Il y a par exemple Matt Bauer, qui joue du banjo pour Alela Diane. Il a un vrai savoir-faire sur cet instrument. Je l'ai croisé à peine une fois, et il a collaboré à mon dernier LP à distance. Il m'envoyait des pistes… J'ai aussi « pioché » dans les talents qui m'entourent, tout comme j'ai pu participer aux disques d'autres ; il y a une vraie communauté de musiciens parisiens qui s'entraident autant que possible.
    LB : En ce qui me concerne, parmi les guests du dernier album de The Rodeo, Jean Thévenin m'a beaucoup impressionné. C'est le meilleur batteur de la place, tout simplement ! C'est un surdoué.
    DH : Il est inimitable. Sa touche personnelle est évidente. C'est un vrai artiste.
    LB : La première fois que je l'ai vu jouer en live, c'était pour un concert de Hopper, et je n'ai regardé que lui ! Même dans sa gestuelle il est bluffant, il se démembre sur scène.
    DH : Je pense aussi à David Neerman du groupe Kouyaté-Neerman, qui a joué du vibraphone sur « La Musica Del Diavolo ». Il y a aussi Lidwine, une talentueuse amie harpiste qui est venue jouer sur le titre Inner War. J'aime bien aussi avoir sur mes morceaux des instrus qu'on n'a pas l'habitude d'entendre. Il y aura peut-être de l'accordéon dans le prochain ! J'adorerais aussi ajouter un orchestre symphonique, plein de cuivres, mettre des choristes à gogo, mais cela demande plus de moyens.
    LB : De toute façon, quand ton morceau est bon, tu peux poser n'importe quel instrument dessus.

    Interview de The Rodeo, 27 novembre 2015

    ARIES SUN / GASPARD ROYANT
    B&G : Dorothée tu as joué au Pop In le lundi 23 novembre avec le groupe Aries Sun, ainsi que le 8 décembre à l'International, tu peux nous dire quelques mots sur cette nouvelle formation ?
    DH : Je me suis rendu compte que j'avais pas mal de chansons dans mes valises, mais elles n'auraient pas pu fonctionner avec The Rodeo. C'est surtout ma rencontre avec Michael, un guitariste que je connais du temps de mon groupe qui a conduit à faire ce side project. Il jouait dans le groupe Rodeo Massacre. Il a une réelle identité sonore à la guitare. Aries Sun est aussi composé d'un batteur, Dimitri Dedonder, un bassiste, Benoit Hasboun, qui a joué avec Sheraff et Forever Pavot, et enfin un autre guitariste, Adrien Vernet, du groupe Miaou Miaou The Tiger. En ce qui concerne le style de musique d'Aries Sun, il y a des morceaux qui rappellent les Black Lips, Wavves, ou Best Coast. C'est un peu foutraque, un peu garage et punk. Des morceaux de trois minutes. Je joue du clavier sur trois ou quatre morceaux seulement, sinon je ne fais que chanter. Ça fait du bien de revenir à un projet musical sur lequel on ne se met pas la pression.

    B&G : Et toi Laurent, quelle est ton actualité ?
    LB : On a fini d'enregistrer le deuxième album de Gaspard Royant en septembre dernier, il est au mixage en ce moment. Il sortira en mars 2016 et puis on va repartir en tournée. Ce projet me prend l'essentiel de mon temps.

    INFLUENCES
    B&G : Vous êtes de gros consommateurs de musique ?
    DH : J'écoute beaucoup la web radio Reverberation (http://reverberationradio.com/), elle ne passe que des morceaux que j'aime. Ça va des morceaux soul des 60s, à des titres plus récents. Sinon, je n'achète plus de CDs, seulement des vinyles. Mais il faut le budget et beaucoup de place !
    LB : J'ai un abonnement Spotify, j'utilise cette appli tous les jours, quand je ne suis pas chez moi. J'ai gardé mes CDs, mais ils sont rangés quelque part ! J'ai peu de vinyles des années 90, c'est pour cette période que les CDs me sont utiles. J'écoute peu la radio, seulement pour les infos ! J'ai une petite soixantaine de vinyles, mais ce ne sont que des albums que j'adore.

    B&G : Quelles influences avez-vous en commun ?
    DH : On en partage beaucoup. Le blues et la soul notamment. Marvin Gaye, The Supremes, The Shangri-Las. Tous les Girls Bands des 60s. J'aime la naïveté des paroles, la force des mélodies, à la fois simples et efficaces, les harmonies vocales, le côté désuet, le look des filles de l'époque. Et puis l'avalanche de tubes ! C'est quelque chose qui nous rapproche avec Laurent, on aime les belles mélodies !
    LB : Oui c'est vrai. On ne s'inscrit pas dans une sorte de recherche de la vérité sur la musique. On veut juste faire bouger les gens qui viennent nous voir en concert. On a presque le même âge, on est de la même génération, les bébés des années 90, une période d'ailleurs très foisonnante en termes de courants musicaux...
    DH : … et on a commencé à jouer dans des groupes au même moment. Sans oublier le fait que nos parents écoutaient les Doors et les Pink Floyd. Cela nous rapproche aussi beaucoup, même si cela ne s'entend pas forcément dans ce que l'on fait avec The Rodeo.

    B&G : A l'écoute du premier album de The Rodeo, « Music Maelström » (2011), on note les influences de Johnny Cash, Dolly Parton…
    LB : Je connais moins ce style-là, la folk music et la country music. Dylan c'est très particulier. Et je n'ai jamais vraiment découvert Johnny Cash, je connais sa vie via le film, j'ai vu quelques lives en vidéo… Mais ça ne m'est pas très familier. Mes parents n'écoutaient pas trop cela. En revanche, j'ai écouté en boucle les Beatles quand j'ai commencé à jouer. Leurs morceaux ne me lasseront jamais ! Ce sont les chefs ultimes : le savoir-faire en studio, la composition, les voix, les gueules, les looks.
    DH : J'ai commencé la guitare à 15 ans, et j'ai joué dans Hopper à partir de mes 18 ou 19 ans, dans un style assez énervé (rires). L'aventure a duré neuf ans. A ce moment-là, j'étais plutôt attiré par les Blonde Redhead, Sonic Youth. A la fin de Hopper, j'ai repris ma première guitare, une vieille Ibanez des années 70. Au bout de quelques mois, j'avais écrit quatre titres et j'ai décidé de me lancer en solo. Je suis donc parti sur un style plus épuré, un peu dans le genre anti folk, Jeffrey Lewis, Adam Green [Moldy Peaches].

    B&G : Dans une interview pour Paulette, tu [Dorothée] as déclaré « Il faut du temps pour se décrocher de ses influences », mais est-ce vraiment possible ?
    DH : L'idée était de dire qu'il faut savoir piocher un peu partout, dans tous les styles que tu aimes, et de les mélanger pour fabriquer ta propre identité musicale. Tu ne gommes jamais vraiment tes influences. Il faut en emmagasiner un maximum et savoir ensuite s'en dégager pour créer sa propre patte.
    LB : Je dirais qu'il faut du temps pour se détacher de ce que tu fais, par rapport à l'activité de composition. Il faut du temps pour se dire que ce n'est pas si sérieux. Ce n'est pas si évident de prendre du plaisir quand on fait ce métier. Le business est tout de même très violent. Sachant, c'est ce que j'ai pu constater, que c'est quand tu t'amuses que tu t'appliques le plus.

    B&G : Mustang (cf. notre interview de Mustang), Jo Wedin & Jean Felzine (cf. notre interview de Jo Wedin & Jean Felzine), Gaspard Royant… comment percevez-vous ce regain d'intérêt pour des sonorités et des styles très référencés 60s, mais que vous réussissez à revisiter, pour arriver à un résultat  résolument moderne ?
    DH : C'est un mouvement. Les influences 60s reviennent à la mode, tout comme le chant en français.
    LB : Oui ce sont des cycles. Dans les années 90, peu de temps après Lenny Kravitz il y a eu un retour des années 60-70, pattes d'èph… Après, The Strokes, retour au début des années 80, le cuir, le slim. Franz Ferdinand même période… Le seul truc qui n'a pas fonctionné, pas encore, c'est le retour des années 90…
    DH : Tu veux dire le retour de la dance ? (rires)
    LB : Non, je pense plutôt au grunge ! Il a commencé à revenir, et il est reparti aussi vite !

    Interview de The Rodeo, 27 novembre 2015

    B&G : Dorothée tu évoquais le retour des paroles en français, cela te donne envie de mettre l'anglais de côté ?
    DH : J'ai deux morceaux en français, Le Fantôme de tes Pas, sur l'EP « Tale Of Woe » (2014), et La Notte sur l'EP « Cold Heart » (2012). Il y en aura d'autres sur le prochain LP. J'ai plus de facilités aujourd'hui à écrire en français sur les titres mélancoliques. Je pense aussi qu'il y a un retour, au sein du public, de l'intérêt pour le français. C'est simple : les gens aiment chanter et ils sont très contents de pouvoir le faire en français !
    LB : Pendant plusieurs années, il y a eu la pesanteur de l'influence de Gainsbourg, qui est inimitable et qui chantait en français. Depuis trois ou quatre ans, iI y a malgré tout des groupes qui arrivent à sortir des morceaux excellents, en français. Tu as parlé de Jo Wedin & Jean Felzine, l'EP qu'ils viennent de sortir est vraiment très bon. Joanna chante parfaitement.
    DH : J'ai aussi découvert des musiques grâce à des des films. Par exemple, j'aime beaucoup « The Commitments », un film d'Alan Parker qui date de 1991. C'est l'histoire d'un groupe qui part en tournée, période Thatcher. C'est assez trash. Et les musiques sont tops. Après, j'aime beaucoup les films musicaux, Michel Legrand, Jaques Demy. Et puis des films marrants, genre « Spinal Tap » (1984), « Wayne's World » (1992)…
    LB : Même s'il a assez mal vieilli, je citerais le film « The Doors » (1991). J'ai adoré ce film à l'époque. Val Kilmer était au top ! Et grâce à ma fille de six ans, j'ai redécouvert « The Sound Of Music » [« La Mélodie du bonheur »] (1965). C'est un peu gnangnan, mais le film est tout de même assez dingue !

    B&G : Nous sommes à Record Station, la boutique de vinyles de Quentin. Quels disques avez-vous repérés ?
    DH : The Supremes, « Where Did Our Love Go » (1964), pour les raisons que j'ai données tout à l'heure. T. Rex, « Electric Warrior » (1971) : les mélodies sont incroyables, et j'aime beaucoup les chœurs, des voix très marquées. Et dernier disque, Patti Smith, « Horses » (1975) : j'aime la rage qu'il y a dans cet album, la production est très live, et évidemment j'aime la poétesse.

    LB : Premier disque, « L.A. Woman » (1971) des Doors. J'ai appris à jouer du piano et de la batterie en écoutant ce groupe, quand j'étais ado. J'écoute toujours. Ils sont à part. Ensuite, Eels, « Hombre Lobo : 12 Songs Of Desire » (2009), son meilleur album selon moi, avec « Souljacker » (2001). Sa musique m'est familière. Mélange de blues et pop anglaise, très mélodieux. Et enfin, Elvis Costello, « My Aim Is True » (1977). J'ai découvert ses albums récemment en fait. Avant, sa voix m'irritait, mais j'ai passé le cap, et sa voix qui m'était pénible a fini par me convaincre. Supers chansons, super look, super guitare.

    The Rodeo assurera des premières parties de Dionysos en 2016, et plusieurs dates de concerts vont bientôt tomber...

    Prochain concert d'Aries Sun le 11 février à la Mécanique Ondulatoire

    Discographie de The Rodeo: LP “La Musica Del Diavolo” (2015); EP “Tale Of Woe” (2014); EP “Cold Heart” (2012); Single “Cold Heart” (2012); LP “Music Maelström” (2011); EP “Hotel Utah” (2010); EP “My First EP” (2008)

    Twitter : https://twitter.com/therodeo (@therodeo)
    Facebook : https://www.facebook.com/therodeo/


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  • Chronique du livre "Basse Fidélité", de Philippe DUMEZ, aux éditions "Le Mot Et Le Reste".
    Par Gérald PETITJEAN.

    Chronique du livre Basse Fidélité, de Philippe DUMEZ

    « Basse Fidélité », de Philippe DUMEZ, est assurément un des meilleurs livres de l'année 2015, et probablement un des meilleurs livres sur la musique. Ici, pas d’érudition plombante, pas de technicité assommante. Non. Juste l’essentiel : des souvenirs, plus ou moins précis, plus ou moins flous, de moments musicaux et des fragments d’intime emmêlés, rédigés à la première personne, à la façon de Pérec dans « Je me souviens ».

    Ce livre parle à tous les fans de musique en général et de pop indé en particulier, en soulignant avec humour, autodérision, et aussi beaucoup d’émotion, le lien obsessionnel avec un style de musique, un groupe ou un artiste (Dominique A et Daniel Johnston entre autres), et en faisant ressentir de manière très juste les caractères magique et quasi sacré des concerts.

    Parmi les fans de pop indé, les quadras, comme moi, auront l’impression de lire un peu de leur propre histoire : les souvenirs d’enfance liés à Chantal Goya ou à Dave, l’éducation musicale faite par Bernard Lenoir à la radio ou par Les Inrockuptibles en version mensuelle, les questions métaphysiques sur l’achat d’une première paire de Creepers à plus de 40 ans, la quête sans fin et probablement vaine de nouvelles étagères pouvant supporter la collection de disques à l’expansion incontrôlée et probablement incontrôlable.

    « Basse Fidélité » est aussi un hommage au temps long, aujourd’hui si démodé par internet et les plateformes de streaming : l’attente de la sortie d’un album, presque aussi importante que la première écoute ; la recherche d’un album ou d’une chanson, écoutés il y a longtemps, et dont on ne connaît parfois pas le titre ni le nom de l’artiste ; le suivi fidèle d’un groupe pendant plusieurs années, avec des phases d’enthousiasme et d’autres de lassitude. Un temps long et une attente qui nous permettent de graver, même de façon imparfaite, des sillons dans notre mémoire, de fabriquer et de patiner des souvenirs. A l’opposé de la haute fidélité numérique et de l’immédiateté d’internet qui nous condamnent à la saturation, à la paresse, au bruit de fond perpétuel, et finalement à l’oubli.

    Extraits :

    « Je me souviens de la sortie de 'Haute Fidélité' de Nick Hornby. Ce n’est pas un grand roman, mais c’est par contre un grand message adressé à tous les fans de musique tendance « pervers polymorphes » dont je fais partie : vous n’êtes plus seuls. »

    « Je me souviens de Daniel Johnston, accompagné par un groupe composé de fans, rendant enfin justice à son répertoire lors d’un concert qui ne ressemble pas pour une fois à un supplice. Il m’aura fallu quinze ans pour voir un bon concert de Daniel Johnston, mais je pourrai dire : j’y étais. »

    « Je me souviens des Black Sessions, concerts organisés dans le cadre de l’émission de Bernard Lenoir sur France Inter qui ont l’avantage de tenir pile sur une face de cassette audio de quatre-vingt-dix minutes. »

    « Je ne me souviens pas du premier fichier mp3 que j’ai téléchargé. Contrairement à mon premier 45-tours, ça fait longtemps que je l’ai perdu. »

    Un dernier point pour finir cette chronique : bravo et merci aux éditions Le Mot Et Le Reste (http://lemotetlereste.com/mr) qui, en 2015, ont encore sorti de magnifiques livres sur la musique pop : « Le Renoncement de Howard Devoto » de Benjamin Fogel, « Indie Pop 1979 – 1997 » de Jean-Marie POTTIER, et bien sûr « Basse Fidélité » de Philippe DUMEZ ». Voilà quelques belles idées de cadeaux de Noël.

    Chronique du livre Basse Fidélité, de Philippe DUMEZ

    On vous conseille aussi d’aller faire un tour sur le blog de Philippe DUMEZ, « Les Écumeurs » (http://lesecumeurs.tumblr.com/), galerie de portraits de passionnés de musique et de concerts.


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