• Interview de Gaspard Royant (21 juin 2016).

    Par Baptiste et Gérald PETITJEAN.

    21 juin, jour de Fête de la Musique. Quelques heures avant son concert sur la scène éphémère d'une place Dauphine chèrement décorée, nous avons pu nous entretenir avec un Gaspard Royant à qui tout réussit en ce moment. Après un premier album - "10 Hits Wonder" - qui mettait à l'honneur le rock et la pop des années 50 et 60, son nouvel effort "Have You Met Gaspard Royant ?" se veut plus arrangé, plus ambitieux : il s'est aventuré en territoire Northern Soul, bien épaulé à la production par Edwyn Collins, sans renier ses premières amours sur quelques ballades et slows subtilement incorporés ...

    Interview de Gaspard Royant, 21 juin 2016

    Baptiste & Gérald : Quel est ton parcours musical ? Quand as-tu commencé la musique ?

    Gaspard Royant : J'ai commencé la musique par le saxophone, en harmonie municipale. Je trouvais ça classe : j'avais en tête les photos des jazzmen. Ensuite, je me suis rendu compte qu’en jouant du saxo on ne pouvait pas faire autre chose … C'est pour cela que je suis passé à la guitare, vers 14 ans. C'était l'explosion de la britpop. Je voulais apprendre les morceaux d'Oasis et de Blur.

    B&G : Tes parents étaient musiciens ?

    GR : Non. Mais ils étaient mélomanes. J'ai écouté les disques de mon père : Pink Floyd, Elvis, ...

    B&G : Quand est-ce que tu as commencé à composer des chansons ?

    GR : J'ai toujours joué dans des groupes, depuis le collège. En 2006, je n'étais pas très heureux avec le groupe dans lequel j'étais, j'avais envie de garder des chansons pour moi, de les jouer de manière dépouillée, juste guitare – voix. Je les essayées dans des bars, je voulais voir comment je débrouillais tout seul. C'est comme cela l'aventure solo a démarré.

    B&G : Dans ton nouvel album "Have You Met Gaspard Royant ?", tu as ajouté une touche Northern Soul au rock 50's / 60's du premier album. Par exemple sur New Religion ou Speed Your Heart. C'était une volonté de ta part ?

    GR : Tout à fait. Sur mon premier album, le dernier morceau que j'ai écrit était Europe, qui est très arrangé, avec des cuivres et des chœurs. J'ai eu envie de continuer dans cette veine-là. J'écoutais beaucoup de soul à cette époque, je souhaitais aller vers un son très riche, vers une orchestration luxuriante à la Motown. C'était aussi un défi personnel : sur le premier album, je faisais une musique que je connaissais, je savais où j'allais ; je n'avais jamais écrit de chansons soul et je voulais savoir si j'en étais capable.

    B&G : Irvine Welsh vient de sortir « Skagboys », qui est une préquelle à « Trainspotting ». Dans ce roman, les personnages écoutent beaucoup de Northern Soul, par exemple dans une scène située à Blackpool. On s'est dit que ton nouvel album pourrait être la B.O. de l'adaptation cinématographique de « Skagboys ».

    GR : Merci beaucoup ! La Northern Soul est une période pas très connue, temporellement très courte, géographiquement très limitée. C'est intéressant et passionnant de voir comment s'est créée cette sous-culture, avec un foisonnement incroyable et des codes très précis.

    B&G : Tes chansons ont d'ailleurs souvent un côté cinématographique. Hard Times par exemple.

    GR : J'ai grandi dans une double culture musique et cinéma. Donc, j'ai autant de références et d'influences musicales que cinématographiques.

    B&G : Edwyn Collins semblait tout désigné pour la production de ton nouvel album. Comment l'as-tu contacté ?

    GR : Effectivement, il a grandi dans la Northern Soul. Après le premier album, j'ai signé chez Sony, et je savais que j'aurais accès à des producteurs réputés. J'ai donné quelques noms à la maison de disques, dont Edwyn Collins. On l'a contacté, on lui a envoyé les démos, ça l'a intéressé. Ensuite, nous nous sommes rencontrés à Londres : nous nous sommes rendus compte que nous avions les mêmes influences. Sur les démos, ce qu'il entendait, c'est ce que j'avais voulu faire.

    B&G : Comment s'est passé l'enregistrement avec lui ? Il t'a aidé à peaufiner les morceaux, il a amené une touche personnelle ?

    GR : Je suis arrivé en studio avec certains morceaux très avancés et d'autres moins. Mais ce que je voulais d'abord, c'était le son : qu'il me garantisse le son que je fantasmais, et qu'il me garantisse aussi la qualité des arrangements. Il est allé chercher des musiciens avec qui il a l'habitude de travailler : les cuivres des Dexy's Midnight Runners, des super cordes, deux choristes incroyables qui sont des chanteuses gospel. Il m'a aussi permis de corriger des petites choses un peu bancales : par exemple une ligne de basse qui ne fonctionnait pas sur une chanson… Il est très fort pour détecter cela et trouver des solutions.

    B&G : Comment se passe la transposition sur scène de ce nouvel album ?

    GR : Au début, j'avais un peu peur car on n'avait quasiment jamais joué ces chansons sur scène avant de les enregistrer. Comme il y a beaucoup d'arrangements, on se demandait aussi comment elles allaient tenir sur scène. Il a fallu les adapter et les délester. Là, je suis vraiment content car on a trouvé la bonne formule.

    B&G : Summer's Gone est une très belle ballade. Un mélange de guitares à la limite de la country, de chant à la Elvis en mode crooner, et d'arrangements très luxuriants comme tu le disais précédemment.

    GR : C'est une de mes chansons préférées. J'aime beaucoup ce morceau, je voulais quelque chose de large, d'ambitieux, d'agréable.

    B&G : Night in the City est une autre ballade très réussie, dans le style de Buddy Holly. Elle évoque Johnny Marr et Morrissey. Le groupe The Smiths a été une influence pour toi ?

    GR : Oui. Je pense que j'ai écouté les mêmes disques que Morrissey et Marr, que nous avons des influences musicales communes. Leur duo de songwriters était exceptionnel, certaines chansons des Smiths étaient tout simplement magnifiques. Morrissey est un gars qui me fascine totalement. Sur scène, je lui ai d'ailleurs piqué pas mal de petits trucs.

    B&G : Les premiers accords rappellent Earth Angel des Penguins (lien YouTube), que Marty Mc Fly joue dans le film "Retour Vers le Futur".

    GR : Oui. C'est le même corpus de chansons. J'avais envie de faire un slow à la Platters.

    Interview de Gaspard Royant, 21 juin 2016

    Concert de Gaspard Royant à La Maroquinerie le 11 avril 2016

    B&G : Certaines chansons font aussi penser aux groupes anglais des 60's : Cutest in Town, et le début de Hard Times qui a un côté The Who. D'ailleurs, sur scène, toi et ton groupe, vous nous rappelez un peu les Who des débuts et les groupes mods.

    GR : Merci. Ça me fait vraiment plaisir. Des groupes comme les Who et les Kinks font partie de nos références. Avec mes musiciens, on part du principe que, sur scène, nous n'utilisons rien d'autre que nos instruments : pas de SPD, pas de bandes. Dans beaucoup de concerts auxquels je vais, je m'ennuie un peu : les musiciens semblent enchaînés à leurs bandes. J'ai envie de l'inverse : sur scène on est un groupe de rock, et le but du jeu c'est de défourailler.

    B&G : 7" Club est une chanson soul à la limite du ska, un peu dans la lignée de The Specials ou de The Dead 60's, avec une rythmique très syncopée.

    GR : C'est un morceau qui sonne très anglais, un peu mauvais garçon, un peu prétentieux.

    B&G : On te rencontre un 21 juin, jour de l'été. Quelle serait ta playlist idéale pour l'été ?

    GR : - Weezer : Photograph (lien YouTube)

    - Bobby Hebb : Love Love Love (lien YouTube)

    - MGMT : Time to Pretend (lien YouTube)

    - Van Morrisson : Brown Eyed Girl (lien YouTube)

    - Neutral Milk Hotel : In The Aeroplane Over the Sea (lien YouTube)

    B&G : On va finir avec l'interview « dernier coup ». Dernier coup de cœur ?

    GR : La dernière chanson de Johanna Wedin et Jean Felzine, Je t'Aurai. La mélodie est très jolie.

    B&G : Dernier coup de blues ?

    GR : Pas de coup de blues en ce moment. A part peut-être le matin, quand je me réveille et que je vois le temps ...

     B&G : Dernier coup de rouge ?

    GR : C'était hier soir dans notre local de répétition. Il y fait 140°. Donc on boit. Et ça finit très mal.

     

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