• En 1994, à la fin de l'enregistrement du chef d’œuvre « Dog Man Star », Suede voit Bernard Butler, son guitariste prodige, quitter le groupe. Un an après, Butler enregistre deux très beaux singles Yes et You Do avec le chanteur de soul David Mc Almont mais, pour des querelles d'ego, les deux hommes se séparent après la sortie d'un premier album « The Sound of Mc Almont & Butler ».

    En 2002, Mc Almont et Butler fêtent leurs retrouvailles en livrant un album soul magistral et hors du temps : « Bring it back ». Des guitares flamboyantes, des arrangements de cordes somptueux, un son à la Phil Spector, et un chant à la Al Green refont vivre les grandes heures de la Motown et de la Northern Soul.

    Le premier morceau de l'album, Theme From 'McAlmont & Butler', est brillant et magnétique. Le ton est donné : le reste de l'album et les deux singles Bring it back et Falling, sont de la même veine.

    Bref, cet album est indispensable !

    Quelques années plus tard, le revival soul battra son plein en Grande-Bretagne, avec Amy Winehouse ("Back to Black", en 2006) et Duffy ("Rockferry", en 2008, par ailleurs produit par Bernard Butler) ...


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  • Bye bye Magic Revue Pop Moderne ...

    Par Gérald PETITJEAN.

    Bye bye Magic RPM ...

    Il n’y a pas si longtemps (ou alors il y a déjà longtemps), j’écoutais Bernard Lenoir sur France Inter et je lisais Magic. Puis j’ai juste lu Magic. Et aujourd’hui, je ne sais pas trop ce que je vais lire … Magic arrête. C’est la fin d’une époque.

    Depuis deux jours, je me replonge dans mes vieux numéros et les souvenirs reviennent.

    La couverture du n°1 avec Elastica : génération britpop.

    Les chroniques de disques et les interviews des groupes Suede et Blur, qui m’accompagnent depuis plus de 20 ans.

    Bye bye Magic RPM ...

    Bye bye Magic RPM ...

    La découverte du groupe Jack à la Route du Rock 1996 : concert magistral, suivi d’une séance de dédicaces très imbibée sur le stand Magic.

    Bye bye Magic RPM ...

    Des chroniques qui donnaient envie d'acheter des disques avant même de les avoir écoutés.

    Des interviews beaucoup plus longues, denses et profondes que ce qu'on pouvait lire ailleurs. Des interviews qui donnaient l'impression de parler en tête à tête avec les musiciens.

    Les soirées au Pop In qui se poursuivaient à La Loco. Avec parfois des concerts pendant ces soirées Magic : Nada Surf, Russel Senior (enfin c’est ce dont ma mémoire défaillante de quadragénaire croit se souvenir …).

    Les actualités souterraines françaises qui nous faisaient faire le tour de la communauté pop moderne hexagonale.

    Les couvertures qui mettaient courageusement en avant les groupes français qui n'ont rien à envier aux anglo-saxons: Autour de Lucie, Rinôcérôse, Aline, Mustang, ...

    Bye bye Magic RPM ...


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  • Manchester : foot et musique

    Très beau documentaire du journal L’Équipe sur Manchester, la ville du foot et de la musique :

    http://www.lequipe.fr/explore-video/manchester-briques-rock-et-foot/

    C'est aussi une bonne occasion de relire nos chroniques des livres suivants :

       - "Manchester Music City 1976 - 1996", de John Robb : http://ljspoplife.eklablog.fr/manchester-music-city-1976-1996-de-john-robb-a114989626

       - "Unknown Pleasures ; Joy Division vu de l'intérieur", de Peter Hook : http://ljspoplife.eklablog.fr/unknown-pleasures-joy-division-vu-de-l-interieur-peter-hook-editions-l-a114991026

       - "Autobiography", de Morrissey : http://ljspoplife.eklablog.fr/morrissey-autobiography-a114988564


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  • Chronique du dernier album de Suede, "Night Thoughts"

    Par Baptiste et Gérald PETITJEAN.

    Avec "Night Thoughts", Suede fait son grand retour. 20 ans après, le groupe livre un successeur aux magnifiques "Dog Man Star" et "Coming Up" : un concept album riche et fin, sombre et éblouissant, accompagné d'un film à l'image proche de la série Broadchurch, qui raconte l'histoire d'un drame familial (la dépression d'un père et les difficultés d'une famille suite à la perte de son enfant).

    Le chant de Brett Anderson est toujours aussi intense. Les arrangements et orchestrations de certains morceaux rappellent l'atmosphère de "Dog Man Star", sombre, pesante et déchirante (When You Are Young, Pale Snow, When You Were Young). On retrouve aussi la machine à tubes de "Coming Up" : rythmique martiale sur laquelle s'appuient des guitares flamboyantes (Outsiders, No Tomorrow, Kids, I Don't Know How to Reach You). Et, surtout, "Night Thoughts" contient un petit chef d’œuvre pop, peut-être une des meilleures chansons de Suede, au niveau de Metal Mickey, Killing Of A Flashboy ou New Generation : What I'm Trying to Tell You. Couplets discoïdes, refrains et pont à la Beautiful Ones. Danser à perdre haleine pour oublier la noirceur ambiante, pour oublier ses peines.

    Comme on l'a fait pendant le concert de Suede à La Cigale, le 28 janvier dernier. Un concert magistral d'un groupe à la classe incomparable, composé de musiciens brillants, et mené par un Brett Anderson au sommet, diva pop au charisme envoûtant. Le concert était découpé en 2 parties. Le groupe a d'abord joué le dernier en album en intégralité derrière un écran sur lequel était projeté le film qui accompagne "Night Thoughts". Puis le groupe a repris et enchaîné ses classiques.

    Chronique de l'album "Night Thougts" de Suede

    Setlist du concert de Suede à La Cigale (28 janvier 2016) :

    - Partie 1 : When You Are Young << Outsiders << No Tomorrow << Pale Snow << I Don't Know How to Reach You << What I'm Trying to Tell You << Tightrope << Learning to Be << Like Kids << << I Can't Give Her What She Wants << When You Were Young << The Fur and the Feathers

    - Partie 2 : This Hollywood Life << Killing of a Flashboy << Trash << Animal Nitrate << Sometimes I Feel I'll Float Away << Sadie << The Drowners << Heroine << The Living Dead << For the Strangers << So Young << Metal Mickey << Beautiful Ones << Rappel : New Generation

    Twitter : https://twitter.com/suedehq (@suedeHQ)

    Facebook : https://www.facebook.com/suede/

     


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  • Bye bye Bowie ...

    Par Baptiste et Gérald PETITJEAN.

    Bye Bye Bowie

    David Bowie est mort, vive David Bowie ! Pour finir, il aura réussi à organiser à la fois la sortie de son dernier album "Black Star" et sa propre sortie. Protéiforme est un adjectif qui pourrait résumer sa carrière et ce qu'il représentait. Une capacité innée, et presque magique, à ingurgiter des influences, à les déconstruire et à les restituer transformées, magnifiées. Un mouvement qui a très rapidement abouti à faire de Bowie une inspiration, qu'elle soit majeure ou partielle, de la plupart des groupes de pop et de rock. David Bowie, ou l'art de toujours rester dans l'air du temps, et parfois même l'art de s'inscrire au-delà de l'air du temps et au-delà des modes. C'est le sens du slogan bien trouvé par le label américain RCA chargé d'orchestrer la sortie de l'album "Heroes" en 1977 : "There's Old Wave, There's New Wave, and There's David Bowie". 

    Tant il a marqué par sa musique et sa personnalité fantasque les 40 dernières années, nous avons demandé à plusieurs personnalités d’exprimer en quelques phrases le lien qu'ils ont entretenu et qu'ils continueront d'entretenir avec cet artiste. David Bowie et eux...

    Pierre Mikaïloff (musicien, journaliste et écrivain, qui a publié en 2015 les livres "Post-punk - 1978-85" avec Pierre Terrasson et "Françoise Hardy, tant de belles choses") :

    Bowie, c’est un artiste sur lequel je n’accrocherai pas vraiment jusqu’à la sortie de "Low". Jusqu’ici, j’avais écouté "Diamond Dogs" et "The Man Who Sold the World", échangés contre je ne sais quoi dans la cours de récré. Je les avais trouvés « pas mal », mais hormis quelques morceaux, je n’accrochais pas. Et puis, il y a eu cette cassette achetée à Venise et écoutée en boucle pendant un mois. Avec le souvenir d’un lever de soleil sur une autoroute italienne, une lumière rasante, un horizon vide, désolé, martien. L’autoradio joue Warszawa. Moment parfait.

    Sébastien Crépinior (musicien, chanteur du groupe Thesaintcyr) :

    Tout d'abord David Bowie est le seul artiste permettant d' assouvir les différentes facettes de mon univers musical : du Glam à la New Wave de l'Indie Pop au Post Punk, de l'Electro Urbaine à la Soul. Il a en même temps digéré ses influences et réussi à en extraire la substantifique moelle pour apporter, tel un peintre, son édifice à l'art contemporain. Chacun peut ainsi « se référer » à son œuvre selon la période et à en faire sa valeur étalon. Pour ma part, c' est le titre Ashes To Ashes qui va me donner la force créatrice dont j' ai besoin. L'antagonisme entre la basse funk et la voie cold de Bowie est une synthèse parfaite qui nous guide vers une planète musicale que l'on veut toujours explorer.

    Alexandre Gimenez-Fauvety (co-fondateur des labels Croque Macadam et Requiem Pour Un Twister) :

    Bowie était à mon sens un caméléon, comme Gainsbourg. Les deux étaient capables de coller ou de précéder les évolutions sonores de leur époque, tout en exprimant en fond une expression très singulière et personnelle: ils étaient de leur temps mais déjà détachés de celui-ci. Résultat : le glam rock de Bowie a probablement mieux vieilli que celui de Slade ou The Sweet (pour lequel j'ai néanmoins une énorme tendresse). Toujours avant-gardiste et fidèle à lui même, l'Anglais a, me semble-t-il, touché les passionnés de musique français par sa démarche de dandy, lettré et en constant défrichage. J'ai toujours eu le sentiment que les Français aimaient d'avantage dans le rock l'idée de personnalité (qu'incarne à merveille l'Anglais) que la notion de bande (comme peuvent l'être les Beatles pris comme un ensemble plus que comme une somme d'individualités). Niveaux chansons me viennent à l'esprit All The Young Dudes de Mott The Hoople, hymne rock par excellence, The Man Who Sold The World (toute ma génération ayant été marquée par la version unplugged de Nirvana), l'excellente et groovy In The Heat Of The Morning que dynamitaient les Spadassins en live ou encore ma probable favorite Space Oddity sur laquelle il n'y aurait pas grand chose à dire de pertinent tant sa perfection parle d'elle même ; le solo de stylophone reste un moment dément ! Bowie comme Bolan firent leurs premiers pas dans la musique en adoptant le look mod et, si leurs morceaux ne furent pas mémorables dans l'ensemble à ce moment là, il y a déjà dans cette époque le germe de leur look androgyne et flamboyant des années 70.

    Dominique Pascaud (professeur de dessin et de peinture, musicien - entre autres guitariste et compositeur d'Alex Rossi -, et écrivain - auteur en 2015 de "Figurante") :

    J'ai découvert Bowie par mes grands frères, ils écoutaient en boucle "Ziggy Stardust". J'aimais le son et la puissance des mélodies. Puis plus tard j'ai tout écouté de lui. avec un faible pour "Diamond Dogs", le disque le plus sombre. Un titre préféré ? Difficile de choisir, Lady Grinning Soul, que j'écoutais tous les matins avant d'aller au collège. J'aimais tout chez lui, son look, sa voix et le concert des Spiders From Mars reste un must. Je me suis acheté une guitare 12 cordes grâce à lui. J'ai vu Bowie en concert pour "Outside", un moment inoubliable ! Il m'a beaucoup influencé et restera toujours une source d'inspiration.

    Cyril Brière et Nicolas Magenham, du groupe Sans Sebastien :

    David Bowie c'est pour nous une dualité entre l'ombre et la lumière, cette voix grave et profonde qui tout d'un coup jaillit dans la lumière, tranchante et précise. Il crée sans cesse des passerelles entre nos méandres intérieurs et le monde extérieur. C'est un explorateur des temps modernes, un passeur aux allures de petit prince, beau et troublant en diable. Il nous aide en tant qu'artiste, chaque jour, à travailler sur notre singularité, ne pas en avoir peur et savoir en jouer. Il nous aide a fouiller de nouveaux territoires pour garder en éveil la curiosité, l'envie et le désir comme des éternels débutants.

    Cyril: Les photos de lui nu, du clip scandale de China Girl, et publiées dans Ok Magazine sont le doux souvenir de l'un de mes premiers émois adolescents.

    Notre chanson préférée ? Absolute Beginners. Sa période 80's est la moins appréciée, pourtant, quand il décide de faire des tubes, on a quand même droit à des vraies perles pop souvent au dessus de la mêlée : Modern Love, China Girl, Blue Jean, Let´s Dance ou Time Will Crawl. Et surtout, pour nous, Absolute Beginners est rien qu'à son titre génial et en deux mots le meilleur résumé de la vie.

    Notre album préféré ? Difficile d'en choisir un, tant ils sont différents ... Peut être "The Rise And Fall Of Ziggy Stardust" pour ce personnage parfaitement incarné, ambigu et résolument moderne, qui a chamboulé son époque et a traversé les autres sans prendre une ride. Et aussi le dernier, "Blackstar", car c'est un adieu déchirant et absolument fascinant, aller chercher jusqu'au bout les sensations et les magnifier. Avoir fait passer la mort de l'ombre à la lumière restera peut être son héritage le plus bouleversant.

    Gérald Petitjean (blog Little John's Pop Life) :

    Mon premier souvenir de Bowie, c’est le clip de Ashes To Ashes. Je devais avoir environ 10 ans et je regardais la télé. Ca m’avait hypnotisé : la musique, les images, le personnage de clown blanc … Un peu plus tard, j’ai vraiment découvert Bowie, enfin surtout sa période glam, par l’intermédiaire du groupe Suede. Ce fut une vraie claque : Life On Mars, Oh ! You Pretty Things et Changes sur « Hunky Dory », et tous les titres de « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars » que je connais quasiment par cœur (Starman, Moonage Daydream, Five Years, Lady Stardust, Ziggy Stardust, Suffragette City, Rock’n Roll Suicide, Hang on to Yourself, …). Je me souviens aussi des concerts de Bowie auxquels j’ai pu assister : aux Eurockéennes en juillet 1996, à Bercy en octobre 2003, et surtout à Lyon en février 1996. Mon premier concert de Bowie. Les chansons de l'album « 1. Outside » étaient fascinantes, en particulier The Hearts Filthy Lesson, avec les lignes de guitare étranges de Reeves Gabrels, et l’extraordinaire solo de piano de Mike Garson pendant lequel Bowie mimait un pianiste. Et un moment magique pour conclure : Moonage Daydream, qui replongeait toute la salle en pleine folie glam. Enfin, Bowie, c’est aussi le souvenir de The Man Who Sold The World, joué à la guitare (probablement très mal) à mon petit frère quand il avait 6 ans ... C'est peut-être là que notre blog a démarré ...

     


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