• Interview de Cléa Vincent, 20 novembre 2014

    Interview de Cléa vincent. Jeudi 20 novembre, Pop In.
    Par Baptiste et Gérald PETITJEAN.

    Interview de Cléa Vincent, 20 novembre 2014

    Un an et demi plus tard, Little John’s Pop Life retrouve Cléa Vincent pour une longue interview, dans le cadre de la sortie de l’EP « Non Mais Oui 2/2 ». Une interview dans les mêmes conditions qu’en avril 2014 : toujours au Pop In, toujours à l’ouverture du bar ; et pourtant Cléa a fait du chemin, et elle n’est pas prête de faire une pause.

    Baptiste & Gérald : On s’est vu en avril 2014, pour la sortie de l’EP « Non Mais Oui 1/2 » ; à l’époque tu étais contente car on parlait « un peu de toi ». Depuis quelques semaines, ton nom se retrouve davantage dans les médias, et notamment dans les médias à la mode. J’imagine que tu es ravie ! Comment tu expliques ce succès ?
    Cléa Vincent : J’ai l’impression que c’est un cumul de petits événements. Il y a eu effectivement ce premier EP sorti en février avec Retiens Mon Désir qui a fait le « buzz », même si je n’aime pas le mot ! C’était une sorte de premier volet, une première clé d’entrée. Et puis il y a eu le spectacle Garçons; la presse a été plutôt bien informée de cet événement, parce que ça se passait pendant tout le mois juillet, parce que c’était aux Trois Baudets. Et enfin il y a eu Château Perdu, qui est sorti six mois plus tard, en octobre avec un clip assez réussi. C’est Michelle Blades qui a fait le clip. Elle fait partie du label Midnight Special Records, elle est la conseillère visuelle du label et par ailleurs une musicienne/chanteuse hors pair, une réalisatrice de clip fantastique, un vrai petit géni. Je reviens à Château Perdu : ce morceau est une clé d’entrée encore plus pop et plus directe que Retiens Mon Désir, c’était je pense un bon choix de deuxième morceau pour en remettre une couche, une façon d’insister pour qu’on écoute ma musique.

    Finalement, le petit succès actuel s’inscrit dans une succession de vagues, qui montrent aux gens qu’on bosse beaucoup, qu’on ne se précipite pas, et qu’on a vraiment envie de faire ça de nos vies, sans jamais rien lâcher. Côté radio, Château Perdu ne passe pas plus ni moins que Retiens Mon Désir ; on passe beaucoup sur les radios locales, les radios étudiantes et sur FIP. L’accès aux grandes radios est beaucoup plus difficile pour les indés. En revanche Château perdu est en rotation sur M6 et W9.
    On est tous très heureux de bosser ensemble, à notre rythme, à notre manière. Et avoir tant de résultats avec si peu de moyens, c’est miraculeux. Ce n’est pas l’argent qui compte : les journalistes s’intéressent à tout, aux grands comme aux petits projets. Il y a un vrai intérêt pour l’art. On pourrait penser que les journalistes sont payés pour écrire des articles, ben en fait non  (rires) !!

    B & G : Le deuxième EP, "Non Mais Oui 2/2", est-il meilleur que le premier ?
    CV : On a progressé en prod’, mais ce n’est pas moi qui ai progressé (rires), j’ai laissé plus de place au réal’, Raphaël Léger, qui est aussi le batteur du groupe. Sur le premier EP, il avait réalisé disons 30%, et là sur le deuxième je l’ai laissé réaliser 100%, quasiment. Il est super bon, je lui ai vraiment laissé beaucoup de place et j’ai bien fait.

    B & G : Quels sont les différences et les points communs de ces deux EP ?
    CV : J’ai l’impression qu’on sent que c’est la même personne qui a écrit le premier et le deuxième EP, heureusement ! Ce sont des chansons inspirées d’émotions particulières, des histoires d’amour, toujours. Les deux EP se font écho, il y a ce thème général qui n’a pas changé. La différence fondamentale se situe plus au niveau des sensations : le premier EP est plus chaleureux, un peu plus estival, alors que le deuxième est un peu plus hivernal. D’ailleurs l’un est sorti est au printemps, et l’autre en hiver.

    B & G : Comment se sont enchaînées composition et sélection des morceaux ?
    CV : Château Perdu a été composé juste après la sortie du premier EP. On a fait écouter une dizaine de morceaux à Victor Peynichou du label Midnight Special Records. Dans ces dix morceaux il y en avait des nouveaux et des anciens. On a finalement fait un mix. Ce Soir J’y Ai Pensé, je l’ai composé il y a longtemps, il y a au moins trois ou quatre ans. Dérives Du Lendemain, idem, c’est une ancienne chanson.

    B & G : Les concerts sont beaucoup plus denses également, maintenant que tu es accompagnée de trois musiciens. C’était voulu ? C’est ton groupe ?
    CV : J’avais toujours refusé d’avoir un bassiste, en me disant que la basse ça faisait chier (rires), mais j’ai fini par lâcher prise, en fait le groove d’une basse est difficile à remplacer. La dernière personne arrivée dans le groupe est donc le bassiste, qui est aussi mon coloc’, et également mon cousin germain ! Je l’adore, il joue hyper bien. Depuis qu’il est dans le groupe, il y a une nouvelle dimension. Ca joue mieux. On se lâche d’avantage…
    Il y a aussi Raphaël Thyss – qu’on appelle Rafyton, afin de le distinguer de Raphaël Léger – qui est au clavier et à la trompette, et qui était le seul vrai garçon sur scène lors du spectacle "Garçons" (cf. interview et live report).
    Et enfin la rencontre avec Raphaël Léger, le batteur de Tahiti 80. Lui, c’est la touche miraculeuse, si je ne l’avais pas rencontré, je n’en serais pas là aujourd’hui. Il a apporté un groove, mais aussi un minimalisme dans la batterie électronique que j’attendais depuis toujours. Il est vraiment très présent dans la réalisation de ma musique. Il fait partie du processus créatif et du coup je pense que cela se ressent sur scène parce qu’il est chez lui, c’est aussi son bébé (je déteste aussi cette expression, mais tant pis ! (rires).

    Au Point éphémère, un saxophoniste et deux choristes nous accompagnaient, mais bon on n’a pas pu les emmener en tournée, sinon il aurait fallu un bus pour transporter tout ce monde ! D’ailleurs, un petit mot pour une des deux choristes, Malvina Meinier qui joue dans le clip de Retiens Mon Désir et qui est surtout auteur-compositeur-interprète. C’est un monument ! Quand son clip va sortir, ça va mettre une claque à tout le monde. C’est une Martienne. Elle écrit pour des orchestres symphoniques. C’est un génie cette fille.

    B & G : Comment se passe la tournée ?
    CV : C’est donc ma deuxième tournée, qui est en deux parties. Elle redémarre le 18 décembre. La première s’est très bien passée. J’ai quasiment tout booké toute seule, donc j’apprends sur le tas cette tâche-là. Je suis retournée dans des salles géniales : le Chaff à Bruxelles par exemple. Et puis je cherche des nouveaux endroits à travers la France. C’est super de voir qu’on a davantage de retours, qu’on a des meilleurs cachets, qu’il y a de plus en plus de monde. C’est comme un puzzle qui prend forme petit à petit. Il y a une histoire aussi qui se crée avec le groupe. On a progressé dans notre façon d’arriver dans les salles, de se préparer… Donc ça fait plaisir de voir que ces tournées de type Do It Yourself fonctionnent !
    Et on est allé en Islande aussi, on a joué deux jours de suite. C’était dans le cadre du Iceland Airwaves Music Festival. Il y avait beaucoup de groupes islandais et quelques groupes internationaux. C’est un festival plutôt orienté pop-rock indé et électro indé. On y est allés pour voir des concerts, et on a réussi à trouver deux dates en off. La Femme aussi était là, sur la grande scène du festival. Ils sont adorables, mais aussi super talentueux et très créatifs. Ils s’autorisent à peu près tout. Par exemple dans la façon de s’habiller : un des gars de La Femme, Sam, avait acheté une grosse peau de bête en Islande, et il avait mis en dessous une espèce de pyjama rouge en une pièce, genre cow-boy. Sur scène il avait trop la classe, c’était trop marrant !

    B & G : Ça fonctionne la French Pop à l’étranger ?
    CV : Les Islandais ont beaucoup aimé notre concert. Et le concert de La Femme c’était la folie ! Le public les attendait avec impatience, ils connaissaient les morceaux. Ils ont fait un chahut d’enfer.

    B & G : Qu’est-ce-qui a changé dans ta façon de faire des concerts ?
    CV : J’ai trouvé l’équipe, le groupe, alors on arrive plus confiants. Je doute moins de moi-même depuis que je joue avec trois mecs, car je sais que ça leur fait plaisir d’être avec moi en tournée. J’essaie de ne plus me prendre la tête, et de profiter de chaque concert. J’essaie aussi d’être moins timide.

    B & G : Cléa Vincent c’est devenu un groupe en fait ?
    CV :  je considère que je fais partie d’une famille de gens. A l’intérieur, il y a mes musiciens, mais d’autres musiciens comme Kim Giani, Noé Beaucardet, Olivier Ikéda, Alexandre Bourit par exemple. A tout moment, je peux les appeler pour leur proposer des projets, et vice-versa. Par exemple, quand j’ai su qu’il y avait une place de multi-instrumentiste dans "Garçons", j’ai tout de suite pensé à Raphaël Thyss et j’ai proposé son nom. J’aime bien cette idée de collectif, où l’on sait qui sait faire quoi.

    Interview de Cléa Vincent, 20 novembre 2014

    B & G : Et parlons un peu de Baptiste W. Hamon. Pourquoi l’avoir invité lui sur ton deuxième EP, et pourquoi le choix de cette chanson de Daniel Darc ?
    CV : On a choisi de faire cette chanson, Seul Sous La Lune, la veille pour le lendemain. Il nous fallait une reprise, j’avais envie d’une reprise, mais on ne savait pas trop quoi faire, surtout après avoir repris All That She Wants de Ace of Base, qui est un morceau archi connu. Et puis j’ai pensé à ce morceau de Daniel Darc, mais je ne me sentais pas de parler le texte, ça ne m’allait pas vraiment. Raphael Léger a pensé à Baptiste W Hamon, et cela nous a semblé évident. Je le connais assez bien car il y a cinq ans on avait fait une cassette audio, la face A c’était lui, la face B c’était moi. On a commencé exactement en même temps à faire de la chanson en français.

    B & G : Et peux-tu nous révéler un secret : d’où vient cette casquette Chablis que porte Baptiste W. Hamon ?!
    CV : Je ne sais pas d’où vient la casquette originale, car celle qu’il porte est une copie. Quelqu’un avait cassé l’originale et l’a refaite faire ! Pour plus de détails, il faudra lui poser directement la question !

    B & G : La suite : tu avais déclaré à la sortie du premier EP « j’aimerais bien autoproduire mon album ». C’est toujours d’actualité ?
    CV : Avec Midnight, on va monter une structure. L’idée est de s’associer pour mes prochains enregistrements. Rester libres et propriétaires des bandes. Au printemps, on sortira un single, ça c’est sûr. Je suis très à l’aise avec le format court de l’EP : un single avec un clip, et quelques morceaux qui gravitent autour. Je trouve cela pas mal qu’après avoir sorti plein de formats courts, tu puisses sortir un format long, avec un choix de morceaux qui sont déjà parus. C’est un peu l’idée originale du 33 tours : une compilation des meilleurs chansons du 45 tours. Un album c’est beaucoup d’investissement, beaucoup de pression, il y a beaucoup d’enjeux financiers et cela peut tomber à l’eau. En gros, l’album c’est le bac, et les EP c’est le contrôle continu ! Donc plus ça avance, plus je compte sortir un nouvel EP, pas d’album pour le moment.

    B & G : Qu’est-ce-que tu écoutes en ce moment ?
    CV : Je suis très contente car en France il y a beaucoup de choses excellentes qui sortent. En ce moment, j’écoute Forever Pavot, je trouve leur album top. Il y aussi Julien Gasc, que j’aime beaucoup, et Aquaserge. C’est très libre comme musique. Ça me donne envie de sortir des formats habituels.

    B & G : Ton prochain concert ?
    CV : Je serai en première partie de Mustang lundi 24 novembre au Point éphémère, et je suis très heureuse ! J’aime tout chez Mustang : les thèmes abordés, le rythme ; les mélodies sont géniales, les textes sont fabuleux. Ils ont quand même réussi à sortir trois albums, les trois sont bons, tous les morceaux sont bons. Je trouve ça hallucinant. Les trois musiciens sont très charismatiques. Et pour info, j’ai commencé une petite collaboration avec Johan Gentile (le bassiste de mustang), on commence à écrire des chansons ensemble.


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