• Interview de Mi Nave, 12 janvier 2015

    Interview de Mi Nave, 12 janvier 2015.
    Par Baptiste et Gérald PETITJEAN.

    Interview de Mi Nave, 12 janvier 2015

    Rostov-sur-le-Don en Russie. Marseille en France. Rosario en Argentine. Quel est le point commun entre ces villes ? L'indie pop et le post-punk ! Si vous aimez Aline et Motorama, dépêchez-vous d'écouter "Estela" du groupe Mi Nave, un des meilleurs albums de 2014. Partons maintenant à la découverte de Mi Nave, avec cette interview que nous avons traduite de l'espagnol en français.

    Baptiste & Gérald  : Pouvez-vous nous présenter le groupe Mi Nave ? Qui sont les membres du groupe ? Comment vous-êtes vous rencontrés ? Quelle est votre histoire ? Pourquoi le nom Mi Nave ?
    Mi Nave : Lorsque nous avons lancé le groupe Mi Nave, nous ne pensions pas du tout en arriver là où nous en sommes aujourd’hui, avec ces deux albums et cette résonance relative. Andrés et Feli sont frangins et ils ont commencé à jouer ensemble quand ils vivaient chez leurs parents ; ils composaient des chansons pour s’amuser, par plaisir – c’est d’ailleurs toujours le cas. En 2008, nous avons enregistré un EP en duo (« Mi Nave EP ») ; nous l’avons enregistré avec Paul Crisci, un ami qui a été en quelque sorte notre producteur et qui nous a aidé à poser les bases de nos morceaux, ainsi que dans la recherche de sonorités. En 2009, Andrés a rencontré Martin Salvador Greco, ils ont une passion commune pour la photographie, et il s’avère par ailleurs qu’ils ont sensiblement les mêmes goûts musicaux. Nous avons donc commencé à nous réunir à la maison ; Martin a commencé à enregistrer toutes les sessions de musique que nous faisions avec sa propre table de mixage (nous possédons toujours ces enregistrements). Après quelques tentatives pour recruter un batteur, nous avons eu l’opportunité de jouer enfin en live avec le groupe Atrás Hay Truenos (atrashaytruenos.bandcamp.com). Santo Martinez s’est alors collé à la batterie et Mauro Cuffaro au synthétiseur. Avec cette formation, nous avons enregistré, après une période d’essais, notre premier LP « Brillante », toujours avec l’appui de Martin, plus expérimenté, et qui disposait d’une table de mixage moins primitive.

    En 2012, après avoir sorti « Brillante », Ivan Brito nous a rejoint à la batterie, ainsi que Jo Maidagan, et avec cette nouvelle formation nous avons passé deux années à jouer très dur et à préparer les thèmes qui constitueraient l’ossature de notre deuxième disque « Estela » qui n’allait voir le jour qu’en 2014. Cet album a également été enregistré en studio par Martin Salvador Greco dans des conditions de plus en plus professionnelles.

    Enfin, concernant le nom de notre groupe, on pourrait dire qu’il faut prendre Mi Nave de façon assez littérale (My Spaceship). Nous sommes un équipage dans lequel chaque membre s’améliore avec le temps qui passe ; un équipage lancé à travers l'espace sans destination particulière ; un équipage au sein duquel les membres sont interchangeables, chacun apportant ses talents pour modifier l’itinéraire et les ambitions.

    B&G : Quelles sont vos influences ? Post-punk et new wave (l'introduction de basse sur Feriado Puente n’est pas sans rappeler le jeu de Peter Hook) ? Shoegaze ?
    MN : Nos influences sont très variées (dans les styles, les époques, les pays) et plusieurs de nos membres sont d’authentiques mélomanes. Nous partons d’exercices d’improvisation (« zapadas ») pour composer nos morceaux ; lorsque nous sommes en voyage, chacun laisse son propre univers infuser, il y a toujours des terrains communs, d’ailleurs nous avons, en termes d’influences, de nombreux groupes en commun. Cela nous arrive de nommer une session d’impro d’après le nom d’un groupe auquel elle nous fait penser. Ceci est une décision a posteriori, nous ne nous sommes jamais dit que nous allions composer une chanson dans le style Joy Division par exemple, bien qu’il s’agisse d’un groupe que nous apprécions évidemment, et bien que Peter Hook soit l'un des bassistes les plus influents du XXème siècle. Nous disons souvent que Mi Nave est un hommage à tout ce que nous aimons.

    La première fois que nous avons joué ensemble on nous a dit qu’on regardait tous par terre, dans le style shoegaze… Nous avons beaucoup de choses en commun.

    B&G : Votre album "Estela" est, à notre avis, l'un des meilleurs albums de l’année 2014. En particulier, les morceaux Remera de Dios et Andrés sont magiques. Que pensez-vous de la comparaison avec le groupe Motorama ou avec le groupe français Aline ? Quand on écoute les morceaux La rivière est profonde du groupe Aline et Remera de Dios, il y a un air de famille évident.
    Eh bien merci beaucoup pour ce compliment. Nous n’avions jamais écouté ces groupes avant mais je pense que nous avons beaucoup de choses en commun. Assurément nous avons les mêmes influences musicales. Et cela fait partie de ce qui peut se passer à tout moment dans l'histoire d’un groupe de musiciens, lorsqu’un style ou des familles surgissent, grâce à des similitudes que l’on sait saisir. Des musiciens qui, dans un sens, partagent un même code génétique et qui portent le même nom de famille. En Argentine il y a ce dicton : « On ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis ». Et on se fait des amis car on a des choses en commun et car on partage une sensibilité commune.

    En revanche, on peut nous différencier en invoquant certaines influences liées à différentes musiques régionales du continent sud-américain comme la cumbia et la musique tropicale qui, depuis notre enfance, font partie de la bande originale des fêtes de famille et des fêtes d’école.

    B&G : Pouvez-vous nous parler du « paysage indie pop » en Argentine et en Amérique du Sud ?
    MN : L'Argentine se caractérise par une forte centralisation sur la ville de Buenos Aires ; il y a le sentiment, voire une tradition à certains égards, que tout passe par cette ville. Nous sommes de Rosario (à 300 km au nord de Buenos Aires), nous y vivons, nous y répétons, nous y travaillons, etc. Même s’il ne s’agit pas d’une petite ville (un million d’habitants), les auditeurs du type de musique que nous faisons figurent en petit nombre, cette situation est vécue par tous les groupes qui se situent en marge de la musique populaire, elle nous unit au-delà des questions de style. De plus il n'existe pas de sociétés ou d’entreprises qui nous représentent dans la mesure où nous sommes des indépendants. Pourtant, au cours des dernières années et à cause de cet état de fait, des labels indépendants ont commencé à émerger et à travailler avec ces groupes et la municipalité (EMR) s’est également mise à reconnaître l'existence de tous ces groupes. Nous avons pu sortir notre premier album grâce à un concours ; pour le deuxième album on a travaillé avec le label Polvo Bureau (polvobureau.bandcamp.com) qui regroupe beaucoup de bons groupes de la ville. Il y a également ces labels : soymutantenetlabel.bandcamp.com, discosdelsaladillo.bandcamp.com, repelentediscos.bandcamp.com, planetax.org.ar.

    Cette année, nous figurons aussi dans le catalogue du label hiddenoise.com, avec des relais à Quito en Equateur et à Barcelone en Espagne. Avec ce réseau, on pourrait affirmer que les distances sont de plus en plus courtes, grâce à internet, et cela tisse des liens plus forts entre les différentes villes sud-américaines qui se trouvent dans une situation similaire à la nôtre.

    B&G : En France, les groupes indie pop actuels assument de plus en plus la langue française. La musique reste clairement influencée par le monde anglo-saxon, mais avec des textes en français. Vous avez également choisi de chanter dans votre langue, l’espagnol. Pourquoi ?
    MN : Il appartient à chaque groupe de choisir la langue dans laquelle seront écrites leurs paroles ; nous pensons aussi que le chant en anglais est tentant car il ouvre les portes de différents pays et multiplie donc les chances d’y jouer et d’y travailler. En ce qui nous concerne, nous sommes un groupe quasi instrumental, la voix est un instrument, ce n’est pas la chose principale dans une chanson, ce n’en est qu’une partie. Nous pensons aussi que la mélodie est plus importante que les paroles ; la mélodie n'a pas de langue : si elle est jouée avec conviction, elle véhiculera ce que le chanteur veut dire.

    B&G : Votre album « Estela » a-t-il été distribué sur CD ou en vinyle hors d’Argentine ? Avez-vous des contacts en Europe et en France ?
    MN : Pour « Estela » nous avons fait une édition spéciale sur cassette qui est déjà épuisée. Le CD sera publié en 2015 par le label indépendant Polvo Boreau, et il sera aussi disponible sur le catalogue du label hiddenoise.com distribué à Quito et à Barcelone.

    B&G : Quels sont vos projets pour 2015 ? Un nouvel album ? Des concerts hors d'Argentine ? Peut-être en France ?!
    MN : Nous enregistrons un nouvel album qui sortira en 2015 ; nous espérons jouer beaucoup à travers notre pays, et oui, il y a une bonne chance que nous passions en Europe et en France.

    Facebook : https://www.facebook.com/minavee
    Bandcamp : http://minave.bandcamp.com/
    Twitter : @holaminave

    Et pour ceux qui ne parlent pas français, voici l'interview en VO (donc en espagnol).

    Para aquellos que no hablan francès, aqui es la version original de la entrevista en español.

    Baptiste & Gérald : ¿Podéis presentaros? ¿Quiénes son los miembros del grupo Mi Nave? ¿Cómo se conocieron? ¿Cuál es la historia de la banda? ¿Por qué el nombre Mi Nave?
    Mi Nave : Cuando comenzamos con Mi Nave nunca pensamos estar donde estamos ahora, con dos discos editados y esta cierta repercusión, Andrés y Feli son hermanos y juntos empezaron a tocar cuando vivían con sus padres, haciendo canciones como un juego que se compartía por pura diversión, aun lo sigue siendo. En el 2008 armamos un EP (Mi Nave EP) como duo, lo grabamos con Pablo Crisci un amigo que nos sirvió de productor y nos ayudo a armar las bases y buscar los sonidos. En el 2009 Andrés conoció a Martin Salvador Greco que juntos comparten una afinidad por la fotografía, y resultó que tenían muchos gustos musicales similares, así que empezamos a juntarnos en su casa, Martin empezó a grabar todas las sesiones musicales que hacíamos con una primitiva placa de audio que tenia (aun tenemos esas grabaciones). Después de un par de intentos de conseguir bateristas surgió la posibilidad de tocar en vivo con la banda Atrás hay truenos (atrashaytruenos.bandcamp.com) entonces Santo Martínez se sumo a la batería y trajo consigo a Mauro Cuffaro en sintetizadores , con esa formación grabamos luego de un tiempo de ensayos nuestro primer LP Brillante, grabado por un ya más experimentado Martin que contaba con una placa no tan primitiva.

    En el 2012 luego de editado Brillante Ivan Brito se sumó a la batería y trajo consigo a Jo Maidagan, con esta formación estuvimos durante dos años tocando intensamente y preparando los temas que conformarían el segundo disco Estela que se editaría recién en el 2014, este disco también fue grabado por Martin Salvador Greco en un estudio cada vez más profesional. Podríamos decir que el nombre Mi Nave es bastante literal (My Spaceship), somos una tripulación con unos equipos que se perfeccionan a medida que pasa el tiempo, lanzada al espacio sin un destino especifico, en la cual los integrantes se van intercambiando y cada uno aporta sus virtudes modificando su ruta y ambiciones.

    B&G : ¿Cuáles son vuestras influencias? Post-punk y new wave (la introducción de bajo sobre Feriado Puente recuerda el juego de Peter Hook)? ¿Shoegaze?
    MN : Nuestras influencias son muy variadas (estilos, épocas, países) y varios de nuestros integrantes son unos melómanos, nuestra manera de componer es a base de zapadas, entonces cuando estamos en ese viaje, cada uno deja que su propia influencia fluya, siempre hay lugares comunes, y así mismo tenemos muchas bandas en común, a veces nombramos a las zapadas según el nombre de la banda que nos evoca, pero es un hecho posterior, nunca decimos vamos a tocar un tema al estilo Joy división, es una banda que nos gusta a todos, y es uno de los bajistas más influyentes del siglo 20. Siempre decimos que Mi Nave es un tributo a todo lo que nos gusta.

    La primera vez que tocamos nos dijeron que todos mirábamos el piso, así que si eso es shoegaze tenemos mucho en común

    B&G : Su álbum “Estela” es, en nuestro opinión, uno de los mejores discos del año 2014. En particular Remera de Dios y Andrés. ¿Qué opináis de la comparación con el grupo Motorama o con el grupo francés Aline? Cuando se escucha las canciones La rivière est profonde del grupo Aline y Remera de Dios, realmente se siente que estan de la misma familia.
    Bueno muchas gracias por el reconocimiento, si bien nunca habíamos escuchado estas bandas antes si creo que tenemos mucho en común, seguro tenemos las mismas influencias musicales y es parte de lo que pasa en cualquier momento de la historia donde por similitud a veces se tiende a aglutinar conjuntos musicales y eso quizás genera un estilo o familias, estas comparten la misma genética y llevan el mismo apellido pero en nuestro país hay un dicho que dice “ la familia no se elige” pero los amigos si y uno se los hace por tener cosas en común y gustar de lo mismo.

    Creo que los que nos puede llegar a diferenciar a nosotros son algunas influencias de música regional de nuestro continente como la cumbia y la música tropical, que desde nuestra infancia es parte de la banda de sonido de fiestas familiares y escolares.

    B&G : ¿Podéis decir algo sobre el “indie pop paisaje” en Argentina? Y en América del Sur? ¿Se puede hablar de “comunidad indie pop” en Argentina y América del Sur? ¿Tenéis algunos contactos entre bandas indie pop argentinas y sudamericanas?
    MN : Argentina se caracteriza por una fuerte centralización en Buenos Aires, existe la sensación, o también la tradición nos hizo creer, de que todo pasa por esa ciudad. Nosotros somos de Rosario (300kms al norte de Buenos Aires) ciudad donde vivimos, ensayamos, trabajamos, etc.  Si bien no es una ciudad chica, tiene 1 millon de habitantes, si es chico el número de consumidores del tipo de música que nosotros hacemos,  esta condición agrupa a todas las bandas que quedan fuera de la música popular, eso nos une, más allá del estilo, además no hay empresas o companías que nos representen así que todas somos independientes. Aun así en los últimos años debido a esto empezaron a surgir Sellos independientes que empezaron a trabajar con estas bandas y la municipalidad (EMR) comenzó también a reconocer la existencia de todas estas bandas y a través de un concurso pudimos editar nuestro primer disco, para el segundo disco comenzamos a trabajar con el sello Polvo Bureau (polvobureau.bandcamp.com) que nuclea muchas de las buenas bandas de la ciudad, como este sello también existen: soymutantenetlabel.bandcamp.com, discosdelsaladillo.bandcamp.com, repelentediscos.bandcamp.com, planetax.org.ar.

    Este año también somos parte del catalogo del sello hiddenoise.com con base en Quito Ecuador y Barcelona España, con esta unión podríamos decir que internet hace cada vez más cortas las distancias y une con más fuerza a las distintas ciudades de Latinoamérica que pasan por lo mismo que nuestra ciudad.

    B&G : En Francia, los corrientes grupos de indie pop asumen nuestro idioma: hacen música influenciada claramente por el mundo anglosajón, pero con textos en francés (por ejemplo Aline, Mustang, Lescop, La Femme, Marc Desse, The Pirouettes, Cléa Vincent, Superets, La Féline, ...). También habéis elegido cantar en su idioma materno, es decir en español? Por qué? ¿Es una tendencia general para los grupos sudamericanos?
    MN : No sabemos que lleva a cada banda a elegir el idioma para hacer sus letras, creemos que cantar en inglés es muy tentador por que abre las puertas a distintos países y así las posibilidades de tocar y trabajar en ellos. En nuestro caso casi somos una banda instrumental, la voz es un instrumento, no es lo principal en una canción, es una parte más, además creemos que la melodía es más importante que la letra, la melodía no tiene idioma si está interpretado con convicción va a transmitir lo que el cantante quiera decir.

    B&G : Su álbum “Estela” se distribuyó en CD o vinilo fuera de Argentina? ¿Tenéis contactos en Europa y Francia?
    MN : Para Estela hicimos una edición especial en Cassettes que ya se agotó, el CD estará editado para este 2015 por el sello independiente Polvo Boreau, y estará dentro del catalogo también del sello hiddenoise.com que se distribuye por Quito y Barcelona.

    B&G : ¿Cuáles son vuestros proyectos para 2015? Un nuevo álbum? Conciertos fuera de Argentina? Tal vez en Francia?!
    MN : Estamos grabando un nuevo disco y estará para el 2015, esperamos tocar mucho por nuestro país, y si existe la posibilidad visitar Europa y Francia.


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