• Interview de Sans Sebastien (24 février 2015)

    Interview de Sans Sebastien - 24 février 2015.
    Par Baptiste et Gérald PETITJEAN.

    Interview de Sans Sebastien (24 février 2015)

    Baptiste & Gérald : Racontez-nous un peu vos histoires personnelles et les moments charnières qui vous ont donné envie de faire de la musique et cette musique-là en particulier !
    Nicolas : J’ai commencé la musique quand j’ai rencontré Cyril, cela fait huit ans à peu près, sept ans… Je suis vraiment nul pour les dates ! Bref. En ce qui me concerne, je viens du cinéma, j’ai d’ailleurs fait des études de ciné, d’où ma connaissance de l’affiche « Impossible mais pas français » ! J’ai aussi suivi des cours de musiques de film. Je travaille maintenant pour un label de musiques de film qui s’appelle Music Box Records (http://www.musicbox-records.com/fr/). C’est un label qui est spécialisé dans la réédition de musiques de films des années 70 et 80. Grâce à ce travail, j’ai quand même pu rencontrer Blier et Mocky ! Ceci dit, je n’avais jamais fait de musique, j’avais seulement un peu pianoté. Mais c’est vraiment quand j’ai rencontré Cyril, qui avait déjà un groupe…
    Cyril : … qui s’appelait Saint Sébastien, ce n’était pas encore Sans Sebastien ! Il y avait bien sûr dans ce nom la référence au groupe de pop Saint Etienne, mais aussi la référence à la ville de San Sebastian en Espagne qui est à côté de Biarritz, là d’où je viens. C’était un groupe de formation pop-rock plus classique, batterie-basse-guitare. Au moment où j’ai rencontré Nicolas, le groupe était presque séparé. Nicolas a d’ailleurs dû voir notre dernier concert.
    N : Oui tout à fait, c’était avec Lio…
    C : Eh oui, on a travaillé avec Lio ! Elle nous avait repérés via MySpace, elle m’avait appelé, et elle était venue chanter avec nous. Mais on n’avait pas su gravir cette marche, malheureusement… Et donc ensuite, on devient Sans Sebastien. Car Saint Sébastien est fini,  donc on est sans Sébastien, et aussi car on n’est plus des Saints !
    N : C’est bien tu as tout dit !
    C : Pour en revenir à la fin de Saint Sébastien, Nicolas m’envoyait des morceaux, et comme j’écoute toujours quand on m’envoie quelque chose, j’ai trouvé certaines de ses compos vraiment pas mal. En revanche, comme il était autodidacte, je ne me suis pas dit que l’on pouvait faire de la musique ensemble, je me suis dit qu’il faisait cela pour s’amuser, comme plein de gens. Mais je me suis aperçu d’un vrai talent de mélodiste et d’arrangeur, et de tout en fait ! Ça m’a beaucoup impressionné, je ne sais pas faire tout cela ! Ce que j’aimais beaucoup dans ses mélodies, c’était leur aspect nostalgique.
    N : Je me souviens de la première musique que j’ai faite, c’était un arrangement de l’hymne de la R.D.A.. Le morceau s’appelait R.D.A Hysteria ! Ensuite, sur certaines propositions, Cyril a écrit des paroles.
    C : Justement l’écriture n’était pas simple, car Nicolas étant très imprégné de musiques de films, les mélodies étaient jolies, mais pas toujours des mélodies pop. Donc, petit à petit, j’ai dirigé Nicolas vers des compos beaucoup plus pop, cette pop de la fin des années 70, de la vague française surtout.

    B & G : On vous présente souvent comme « les enfants de l’âge d’or de la pop française », vous en pensez quoi ?
    C : Depuis tout petit, j’achète des tonnes et des tonnes de musique, même si maintenant je n’en achète plus, je télécharge comme tout le monde ! J’avais des problèmes vocaux dus à une mue plutôt radicale, je ne pouvais pas vraiment chanter. J’ai commencé par faire des études de comédien. Et petit à petit, je suis revenu à la musique… Cela s’est fait naturellement. Je ne me suis pas posé de question, même si je me suis rendu compte que mes premiers morceaux étaient très inspirés de chansons écrites par Jacques Duvall, essentiellement pour Lio. Ou alors Mikado (on va d'ailleurs faire un duo dans l’album avec Pascale Borel, la géniale chanteuse de Mikado…)… En fait, tout ce qui finit les années 70 et débute les années 80. Mais ce qui est important, c’est que ces influences-là, je ne les ai pas découvertes sur le tard… Elles font partie de mon identité, de ma construction. C’est mon essence.
    N : Il y a des points communs dans nos influences. Cyril, c’est Lio, Jacques Duvall, Blondie aussi, et moi c’est Michel Legrand, François de Roubaix. Les points communs résident dans la couleur musicale, dans les synthés, dans l’écriture à la fois légère et mélancolique… Je dis légère mais en même temps, l’écriture nous demande beaucoup de boulot… Bref, avec Cyril, nous nous sommes bien trouvés !

    B & G : En fait vous êtes les enfants de Daho, Elli et Jacno, et Lio… ?
    C : En fait, il faudrait nuancer sur toutes ces influences. On commence à s’ouvrir sur autre chose que cette pop années 80, et cela se verra dans l’album que l’on va bientôt enregistrer. Et puis c’est une question de production aussi : quand on fait des choses homemade, on va plus naturellement vers des  sons de synthés, et donc des sons 80's.
    N : Actuellement on est en pleine crise d’identité… (rires)

    B & G : Et qu’est-ce-que vous pensez de la variété française ?
    C : J’aime beaucoup Christophe, notamment Ne Raccroche Pas, morceau que j’ai redécouvert récemment et que j’adore.
    N : Il y a, à tort, une connotation péjorative associée à la variété…
    C : La variété peut être une clé d’entrée. J’ai aimé Karen Cheryl quand elle chantait en anglais, elle m’a ouvert sur le disco ! Et au final, ça m’a amené à Blondie (période disco Atomic , Heart of Glass etc) ! Pour résumer : Karen Cheryl m’a amené à Blondie ! Vous n'avez qu’à mettre ça comme titre de l’interview, et là vous faîtes un carton ! C’est vrai qu’au départ, enfant, j’écoutais beaucoup de variété. Et après, au collège, au lycée, on s’en éloigne un peu, parce qu’il y a les copains… Mais j’aime bien revenir à la variété aujourd’hui, mais pas n’importe laquelle non plus. La variété actuelle ne me plait pas beaucoup par exemple.
    N : C’est un peu la même chose pour moi, mais dans le champ du cinéma. Quand j’étais très jeune, je regardais les films avec Pierre Richard, Louis de Funès, et puis je me suis ouvert à d’autres acteurs et réalisateurs grâces à eux. Côté musique, je pense aussi aux émissions des Carpentier, dans les années 70, il y avait des choses intéressantes là-dedans… Il y avait des choses terrifiantes aussi !
    C : J’adorais également toutes les femmes de Gainsbourg, toutes ces filles qu’il a faites chanter. Et cette manière de chanter beaucoup plus haut qu’elles ne le pouvaient me fascinait. Je trouvais ça très beau.
    N : C’est vrai qu’il les torturait bien comme il faut ! Il était un peu sadique. Je fais un peu la même chose avec Cyril (rires).

    B & G : Il y a souvent une troisième personne avec vous sur scène, Laurence Guatarbes. Qui est-elle ?
    C : Déjà, il faut dire qu’elle sera là à la soirée "This Is French Pop" du 10 avril au Pop In. Elle était au lycée avec moi, et ensuite on était au cours Florent ensemble. Puis on a fait un peu de musique ensemble, guitare-voix. A l’époque on m’a proposé de faire un concert dans un théâtre qui n’existe plus aujourd’hui, le Théâtre de Fortune, rue de l’Ermitage. J’ai accepté, mais je n’avais qu’une seule chanson ! Laurence a été tout de suite d’accord pour me filer un coup de main et assurer le concert avec moi. Elle a aussi fait partie de mon autre groupe, Saint Sébastien.
    N : Mais je ne savais pas tout ça ! J’apprends des choses !
    C : Du coup, maintenant elle est notre invitée, c’est une guest récurrente, comme dans Hélène et les Garçons.
    N : Et elle s’occupe aussi des chorégraphies !
    C : Elle apporte beaucoup sur les chorégraphies, sur les clips et pour le support vocal évidemment…

    B & G : Les clips, parlons-en ! Ils partent dans tous les sens !
    C : Vous ne pouvez même pas imaginer à quel point le tournage de nos clips est un grand bordel ! On ne sait pas trop ce qu’on va faire avant de tourner, on sait juste qu’on va avoir un ou deux jours de fêtes.
    N : En général, on a plein d’idées, mais rien n’est vraiment écrit. Il n’y a pas de découpage. Le réalisateur prend les idées, fait un beau montage et construit a posteriori une sorte de trame. C’était le cas pour les clips de Sous Ma Jupe et Champagne, mais pas pour le clip de C’est La Vie. Ce dernier était plus scénarisé, et nous n’avions pas non plus le même réalisateur.

    B & G : Pourquoi, sur l’EP « Sous Ma Jupe », avez-vous choisi de mettre trois remixes de la même chanson plutôt qu’un ou deux autres morceaux originaux ?
    C : On avait sorti un EP en 2013, qui n’est plus disponible aujourd’hui : « Pop Love », six titres. Il était produit maison, les morceaux sonnaient assez cheap. Cet EP a bien marché, c’est grâce à lui qu’on a fait Les Inrocks Lab, nous sommes allés en quart de finale. On a eu plein de presse, on a fait plein de concert. On a aussi rencontré Caspian Pool, on a eu un vrai coup de cœur pour ce groupe, et en plus on s’est super bien entendu. Jérémy, le mec de Caspian Pool, est aussi producteur (The Pirouettes). Il nous a proposé, comme on avait des problèmes d’argent à ce moment-là, de faire un titre gratuit. Donc on en a fait un ! Et on s’est dit que pour le sortir, il fallait quelque chose d’un peu plus touffu, donc on a placé trois remixes. C’est juste une question de production.

    B & G : Vous faîtes souvent la promo du groupe Le Couleur sur votre page Facebook. Nous les avons interviewés par mail il y a quelques mois (cf. notre interview du groupe Le Couleur). Qu’est-ce-que vous aimez chez eux ?
    N : Rappelons déjà que French Fox a fait un des remixes qui figure sur l’EP « Sous Ma Jupe ». En fait, c’est le manager de Le Couleur, il s’appelle Julien Manaud. C’est aussi le directeur de Lisbon Lux Records, qui nous a signés pour Sous Ma Jupe en Amérique du Nord.
    C : On a vraiment sympathisé avec Le Couleur, et on est surtout très amoureux d’elle (ndlr la chanteuse de Le Couleur). On fait leur promo sur nos réseaux sociaux, on s’envoie des petits cadeaux par la Poste. Je viens de recevoir un truc en bois du Canada, hyper kitsch.
    N : T’as de la chance !

    B & G : Vous allez bientôt entrer en studio pour enregistrer un album. Tout est prêt ? Quelle sera la couleur de ce LP ?
    C : On a fait une première session d’enregistrement au mois de janvier, et on va faire la seconde session début mars. L’album sera produit par la Song Factory et Sans Sebastien. Et Caspian Pool est aussi derrière tout cela. Tout est prêt sur le plan de l’écriture, il me manque juste les paroles d’un refrain. Ce qui est important  c’est que cet album sera une vraie construction, pas une collection de chansons. On n’a pas fait de la récup’. Vous verrez, le titre de l’album est un bon résumé des morceaux qui le composent. Il y une ou deux thématiques, traitées sous différents angles. L’album évoquera la nuit en particulier.
    N : Pour la couleur… Je dirais bleu Klein, entre le bleu du jour et le bleu de la nuit.

    B & G : Quand la sortie de l’album est-elle prévue ?
    C : La sortie du single-teaser de l’album se fera normalement avant l’été. Et l’album sortira soit en fin d’année 2015, soit carrément début 2016. On a beaucoup travaillé, donc on n’a pas envie de sortir notre album comme ça, sans bien préparer la sortie derrière.

    B & G : On va finir l’interview avec le questionnaire « Dernier coup ». Dernier coup de blues ?
    C : Après tous mes cours de chant !
    N : Quand je me suis aperçu qu’un refrain d’une de nos nouvelles chansons ne marchait pas.

    B & G : Dernier coup de cœur ?
    C : Le musée d’Abba à Stockholm. J’ai adoré ! On a même pu chanter Dancing Queen avec les Abba en hologrammes.
    N : Il n’y a pas de vie sentimentale, pas de vie sexuelle non plus quand on écrit un album ! Mais j’ai quand même un coup de cœur : le dernier maxi de Le Couleur (ndlr EP « Dolce Désir »).

    B & G : Dernier coup de rouge ?
    C : Ce n’était pas hier soir pour une fois ! C’était devant la Cérémonie des Césars, c’était un bon coup de rouge. Je tiens à préciser que je suis scandalisé que Pierre Niney’ait eu le César face à Gaspard Ulliel ! Ça c’était le coup de gueule !
    N : Pour moi c’est plutôt un coup de blanc.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :