• Interview du groupe Thesaintcyr, 22 février 2016

    Interview de Sébastien CREPINIOR, du groupe Thesaintcyr (22 février 2016).

    Par Baptiste et Gérald PETITJEAN.

    Rencontre avec Sébastien Crépinior, hyperactif de la musique, passionné de post-punk et de new wave, et chanteur du groupe Thesaintcyr, qui sera à l'affiche de la deuxième édition de "This is French Pop" le vendredi 11 mars.

     

    Interview du groupe Thesaintcyr, 22 février 2016

    LA MUSIQUE, UN SACERDOCE

    Baptiste & Gérald : Sébastien, nous t’avons connu il y a un an à l’occasion de la première édition de « This is French Pop ». Et, depuis, on a constaté que tu es impliqué dans de très nombreux projets : le groupe Thesaintcyr, l’organisation de concerts, l’animation d’émissions de radio, … On a l’impression que tu es un hyperactif de la musique. Comment arrives-tu à faire tout cela ?

    Sébastien Crépinior : Vous m’avez bien défini. Je suis vraiment hyperactif, je cours tout le temps. Attention, même si je ne calcule pas ma dépense d’énergie, je réfléchis à ce que je fais, je ne cours pas n’importe comment, dans n’importe quelle direction (rires). Et, de temps en temps je reste chez moi, les volets clos, car je suis épuisé et j’ai besoin de recharger mes batteries. C’est un peu comme un sacerdoce, une mission. Je ne vis que pour la musique. Quand j’étais petit, et que je me promenais avec ma mère dans un supermarché, j’étais captivé par la musique ambiante. C‘est génétique : mon demi-frère Boris, qui a connu la fameuse scène new wave de Rennes, musicien d’Etienne Daho et d’Ubik, a peut-être inconsciemment creusé les sillons pour moi.

    UN HYPERACTIF DE LA MUSIQUE.

    B&G : On imagine que tu as dû commencer à prendre des cours de musique assez tôt ?

    SC : Oui. A cinq ans, ma mère m’a inscrit à des cours de piano. Je rêvais déjà de musique, même si c’était inconscient. Ensuite, vers 12 ans, c’est devenu plus conscient, et puis j’ai découvert très tôt beaucoup de groupes new wave. Depuis, je n’ai jamais cessé d’être actif musicalement et j’ai voulu que ma vie tourne entièrement autour de la musique.

    B&G : Tu peux nous parler plus précisément des projets dans lesquels tu es impliqué actuellement ?

    SC : Il y a déjà les émissions de radio. Je participe au Tohu-Bohu sur Radio VL. C’est une émission assez qualitative et pointue animée par Clément Bustelo, dans laquelle on parle d’artistes indé, dans différents styles musicaux : les musiques urbaines, hip-hop et soul, l’électro, le post-punk, la pop, … J’interviens aussi dans Fréquence Guasch sur IDFM Radio Enghien, une radio généraliste animée par le Yeti. Cette émission, qui dure 2 heures et qui est diffusée tous les jeudis, est consacrée à la new wave et au post-punk.

    B&G : Tu participes aussi à Indézine

    SC : Oui. J’ai participé à sa création. C’est un journal papier de type fanzine. Coïncidence malheureuse, on avait rendez-vous pour démarrer le journal le jour même des attentats de Charlie Hebdo. C’est un peu fou de se lancer dans un journal papier aujourd’hui. Beaucoup de personnes ont apporté leur contribution, dont Alain Crabot, qui était le premier directeur des maisons de la culture à Paris, qui a travaillé avec Nino Ferrer entre autres. Nous avons également eu le soutien de Pierre Mikaïloff. Vincent, le rédacteur en chef d’Indézine, doctorant en philosophie, ancien animateur de radio sur Radio Campus Bretagne, a aussi son propre groupe Trouble Nocturne. Félix, de Central Express, est aussi le programmateur de la Féline. Sans oublier Guillaume, du même groupe, qui assure la mise en page, ainsi que d’autres intervenants du milieu indé.

    B&G : Toi aussi, tu organises des concerts …

    SC : Je suis directeur artistique du Buzz, à Belleville. Hier soir, j’ai assisté à un super concert : Helicon, un excellent groupe psyché de Glascow. J’organise aussi des concerts dans d’autres lieux, comme la Petite Maison, un squat artistique du quartier Charonne.

    B&G : Quels sont les concerts qui t’ont marqué, parmi ceux que tu as organisé au Buzz ?

    SC : Last Night, le groupe de Pat, le bassiste de Frustration. Crimson Muddle, un groupe gothique exceptionnel. Trouble Fait’, un groupe de Lille qui est assez connu en Angleterre.

    B&G : Et TSC Records ?

    SC : C’est un label associatif. Le but est de produire et d’éditer à petite échelle. Je vais éditer en support physique une compilation de reprises de Joy Division, à laquelle on a participé avec Thesaintcyr (pour la reprise d’Atmosphere). Et produire les groupes Peur Secrète et Trouble Nocturne. J’organise aussi la sélection de groupes pour un festival écologique dans l’Aube (Eco Rock Aldo’s), avec le collectif  City Rock.

    THESAINTCYR

    B&G : On en arrive à ton groupe Thesaintcyr. Comment a démarré l’aventure ?

    SC : C’est mon premier groupe. Au départ, c’était un duo, avec un ami, Yann Bellot, qui venait des Beaux Arts. L’idée de départ, c’était de faire de l’art total, inspiré de la Factory : mélanger la musique, la poésie et les arts graphiques. On faisait des concerts dans des galeries d’art contemporain. On jouait une musique très minimaliste, dans un esprit no wave, entre James Chance et  Suicide.

    B&G : Pourquoi le nom Thesaintcyr ?

    SC : Il y a plusieurs explications. Mon surnom, c’était Creps, mon ami s’appelait Yann, et il y avait une autre personne avec nous qui s’appelait Rodolphe. Les initiales mises bout à bout, ça donne CYR.  Thesaintcyr, je trouve ce nom assez beau au niveau graphique.

    B&G : Une fois cette première formation en duo terminée, que s’est-il passé ? Comment t’ont rejoint les membres actuels du groupe ?

    SC : Flora a rejoint Thesaintcyr en tant que bassiste en janvier 2010, six mois avant le départ de Yann.  Le point de départ du groupe actuel (Flora, José et moi), c’est le douzième anniversaire du Batofar, le 15 février 2011. José a intégré le groupe pour jouer à cette occasion. Il y avait une très belle affiche : Prohom et le groupe Lazare, avec des musiciens de Supergrass et le batteur de Julian Lennon. On a eu de très bons retours sur notre concert. Et on a décidé de continuer et d’enregistrer notre premier album « I’m waiting for the black day ».

    Interview du groupe Thesaintcyr, 22 février 2016

    B&G : Tu connaissais José et Flora ?

    SC : Oui. C’est une histoire de famille. José est mon frère. Et Flora est la petite amie du frère de ma compagne.

    B&G : Quel est leur parcours ?

    SC : Flora a fait des études philosophie, elle s’intéressait beaucoup au théâtre et à la musique et hésitait entre les deux. Finalement, elle a tranché et choisi la musique. C’est une excellente guitariste et bassiste, et aussi une pianiste très douée. Elle a démarré la musique très jeune, elle a toujours baigné dans cet univers. Pendant les concerts, elle passe de la guitare à la basse. Quant à José, c’est un pianiste classique qui aime aussi beaucoup la musique électronique et le travail sur les sons.

    B&G : Comment se passe la composition des morceaux ?

    SC : C’est assez collégial. La création se fait souvent en répétition. Quand on ne peut pas se voir physiquement, on enregistre une idée et on l’envoie aux autres, puis chacun y apporte une touche. Pour ma part, je trouve souvent une mélodie avec ma voix. Mais, tant qu’on ne l’a pas joué ensemble en répétition, ce n’est pas un morceau de Thesaintcyr.

    B&G : Comment s’était passé l’enregistrement du premier album de Thesaintcyr, « I’m waiting for the black day ».

    SC : J’étais déjà allé en studio pour travailler avec d’autres groupes, par exemple pour faire un peu de clavier et chanter sur des projets. Mais, là, c’était la première fois avec un projet personnel, en tant qu’auteur – compositeur. C’était un aboutissement, avec des morceaux qu’on jouait parfois depuis longtemps en concert, qui avaient mûri petit à petit. On a enregistré au studio du Poisson Barbu, avec Léonard Mule comme ingénieur du son, et qui, en pratique, avait un vrai rôle de réalisateur.

    B&G : Comment définirais-tu la couleur de ce premier album ?

    SC : L’influence principale était la new wave, en particulier Marquis de Sade. Mais il y avait aussi d’autres influences : le cabaret, le ska, des réminiscences gothiques. Même s’il y avait une ligne directrice, il y avait des écarts assez importants entre les chansons. Cela pouvait être déstabilisant, c’était un peu compliqué de rentrer dedans. Mais des personnes ont compris notre musique, ont cru en cet album et nous ont beaucoup aidé : Xavier Chezleprêtre de l’agence Attitude, qui est devenu notre attaché de presse web.  Mike Mercer, un très bon journaliste du Melody Maker, et  Marco Rocha, qui a une radio au Pérou et à New York, ont diffusé nos titres.

    BIENTÔT UN DEUXIÈME ALBUM

    B&G : Vous travaillez actuellement sur votre deuxième album ?

    SC : Oui. Ca fait environ un an et demi environ que l’on réfléchit à ce deuxième album. Nous sommes largement dans les temps, on dispose de premix très avancés. On va arriver bientôt en studio avec des certitudes. L’album sera plus produit, avec plus d’arrangements, avec des idées et des nuances qu’on n’avait pas pu exprimer auparavant. Les chansons seront plus posées, douces et mélodiques. J’ai fait une belle rencontre avec Pascale Le Berre, ex Marc Seberg et Philippe Pascale, qui a aussi travaillé avec Alan Stivell, Alex Beaupain ou Steve Hewitt, qui a accepté de le réaliser. On a choisi d’enregistrer au studio La Chocolaterie : Pascale connaît très bien l’ingé son Clive Martin, qui a collaboré avec Marc Seberg et The Cure pour ne citer qu’eux. Pour l’instant, on n’a pas encore fixé de date pour sortir cet album. Et on ne sait pas encore avec qui on le sortira.

    B&G : Quels sont les groupes qui t’ont donné envie de faire de la musique ?

    SC : The Cure, The Smiths, The Specials, Run Dmc. Je trouve que Robert Smith est vraiment d’un professionnalisme incroyable. J’aime aussi beaucoup Morrissey. Il est unique, avec une poésie et une sensibilité extrêmes. Quand j’écoute Everyday is like Sunday ou There is a light that never goes out, ça me fait pleurer.

    B&G : Et plus récemment, quels sont les groupes qui t’ont marqué ?

    SC : Motorama, Savages, Chvrches, The Soft Moon, She Past Away. En France, j’aime bien Giirls.

    INTERVIEW DERNIER COUP

    B&G : On va finir l’interview avec le traditionnel questionnaire « Dernier Coup ». Dernier coup de cœur ?

    SC : Hier. Pour le groupe écossais Helicon. Pour la musique et pour les personnes, qui sont disponibles et adorables. La grande classe.

    B&G : Dernier coup de blues ?

    SC : La rue de la fontaine au roi. A cause des attentats et du gars qui a vendu sa vidéo aux journalistes …

    B&G : Dernier coup de gueule ?

    SC : C’est lié au manque de soutien des institutions pour le milieu indé ! Ce qui a pour conséquence de laisser beaucoup de groupes sur le côté, qui ne peuvent pas terminer leur projet.

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