• Interview OhMyPop (17 septembre 2014)

    Interview de Bérenger Trompesance et Sylvain Fras, animateurs de l'émission "Oh My Pop" sur Radio Balistiq.
    17 septembre 2014.
    Par Baptiste et Gérald PETITJEAN.

    Interview OhMyPop (17 septembre 2014)

    C'est la rentrée des interviews pour "Little John's Pop Life" ! Nous reprenons notre série consacrée à la communauté pop indé, avec une longue interview de Bérenger Trompesance et Sylvain Fras, animateurs de l'émission "Oh My Pop" sur Radio Balistiq, une radio associative de Châteauroux. Pourquoi et comment créer une émission de radio dédiée à la pop ? Quelle est sa place dans la vie culturelle d'une ville ? Quelle est la tonalité de la French Pop ? Quels sont les groupes marquants de 2013 et de la première moitié de 2014 ? Toutes les réponses dans cette interview riche, qui dresse le portrait de deux passionnés de musique.

    Baptiste et Gérald : Pouvez-vous vous présenter ? Pourquoi et comment avez-vous lancé l'émission OhMyPop ?
    Bérenger Trompesance : Je présente les origines ?
    Sylvain Fras : Oui, vas-y. Moi, je suis arrivé en cours.
    BT : OhMyPop, c'est le fruit du hasard. Ca coïncide avec mon arrivée à Châteauroux en 2011 : je tombe sur un concert de Lescop prévu en décembre, je vais chercher mes places dans les locaux de RadioBalistiq, et je rencontre Louis, quelqu'un qui travaillait à la radio à cette époque et qui souhaitait faire une émission sur la pop. On a fait connaissance, et il m'a proposé de faire une émission ensemble et on s'est lancé début 2012. OhMyPop a commencé un petit peu difficilement : il fallait tout construire et on venait d'univers totalement différents. Nos chemins se sont séparés à la fin de la première saison et j'ai attaqué la deuxième saison 2013 – 2014 tout seul. C'était un peu pesant et j'ai fait appel à Sylvain.
    SF : Je travaillais déjà à la radio, j'animais d'autres émissions en parallèle. En fait, la décision de travailler ensemble sur OhMyPop s'est faite autour d'un verre : on discutait de pop et tu m'as dit de venir animer OhMyPop avec toi, au moins une ou deux émissions pour voir. Et c'est parti pour une année. Et on repart pour 2014 – 2015, voire pour plusieurs années. Ca a été une belle rencontre : on n'écoutait pas exactement la même chose mais on avait la même définition de la pop française et de la pop indé. L'émission était le bon endroit pour confronter nos points de vue et opinions sur cette musique, et aussi pour avancer sur des thématiques qu'on définit à l'avance.
    BT : Et tu avais apprécié mon concept de travailler sur les scènes pop. Au lieu de présenter bêtement les albums, on essayait de trouver l'identité d'une ville.
    SF : Oui, il faut savoir qu'on s'intéresse tous les deux aux questions de politique culturelle. Comment la culture s'implique dans la dynamique d'une ville ? Quels sont les liens entre les lieux, les associations, les musiciens, les acteurs d'une manière générale ? Comment et où ils se rencontrent ? Tout cela nous a amené au concept de scène.
    BT : L'atmosphère aussi. Et la météo. Le lieu, la chaleur. Cette manière de voir t'a attiré car cela donnait un axe, une lecture.
    SF : On ne parlait pas que de pop, mais aussi de choses autour de la musique et qui sont très importantes. En un an, on a fait des dossiers sur Bordeaux, Nantes, Rennes, Brooklyn.
    BT : J'avais fait l'Australie, sur des sessions, juste avant que tu arrives.
    SF : On a fait des émissions spéciales sur les festivals d'été, sur ce qui nous a plu dans l'année, sur un bilan de 2013. On a essayé de ratisser large tout en étant précis.
    BT : Ce n'était pas toujours évident !
    SF : Oui. Après, on avait une manière de voir le format de l'émission : 1/2h de news puis 1/2h de dossier thématique. C'est comme cela qu'on se retrouvait plusieurs semaines d'affilée sur une thématique pour pouvoir arriver à parler de tout. Pour l'année prochaine, nous n'avons pas encore complètement défini le format. Ce qui est sûr, c'est que l'identité sera toujours la même mais il y aura plus de cadrage. On va certainement travailler un peu différemment, avec toujours la même envie de faire découvrir des choses ou de faire écouter ce qu'on aime et que les gens connaissent déjà.
    BT : La 1/2h de news s'est imposée à nous. Au départ, on voulait faie uniquement 1/4h. Mais si on présente chacun au moins un titre et qu'on parle un peu, mathématiquement ça pend forcément 1/2h.
    SF : L'an prochain, on va surtout essayer de revenir sur les news et les albums qu'on annonce, et donc d'avoir plus de feedback. Il y aura d'autres surprises.
    BT : Oui, l'habillage de l'émission avec un nouveau générique, dans lequel on va intégrer des nouveaux morceaux qui nous ont plu. Et surtout, la programmation de l'émission va changer : on va passer sur une tranche horaire plus pop, le jeudi de 20h à 21h.

    B&G : Quels sont les groupes et les morceaux qui vous ont fait plonger dans la pop indé ?
    BT : C'est une question très intéressante. Parce que je ne viens pas du tout du monde la pop, même si j'en ai toujours écouté. Je suis surtout un enfant de la radio, qui a beaucoup bercé ma jeunesse. Au départ, j'étais plutôt dans un milieu axé sur le rock un peu dur, sur le punk, des choses plus agressives. Ensuite, je suis allé sur l'électro, puis le hip hop, et la house. C'est lors de cette arrivée dans la house et la French Touch, dans les années 1997 à 2000 que les choses se sont clarifiées. Ce son de la French Touch m'a amené sur des sons plus sucrés, et même plus funky parfois. Si je dois citer des groupes qui m'ont marqué et qui m'ont fait entrer dans le monde de la pop puis dans celui de la pop indé, je dirais Blur et Supergrass. Il y a une énergie, ça fait du bien. J'ai aussi beaucoup écouté de la pop française : Le Marquis de Sade, des groupes de Rennes, donc forcément Etienne Daho.
    SF : De mon côté, c'est un peu différent. A la base, je n'étais pas un grand fan de pop. J'ai commencé à faire de la musique dans des groupes de rock à l'époque où des groupes comme Franz Ferdinand et Arctic Monkeys émegraient sur les grandes radios nationales. C'est comme cela que je suis allé vers la pop brtitannique et la pop indé, dont sont issus ces groupes. Je suis aussi un grand amateur de musique française : Bashung, Gainsbourg, Brel, Brassens. Ce sont des artistes que j'ai beaucoup écoutés et qui m'ont beaucoup influencé. Cela me permet de faire un parallèle avec ces jeunes groupes français qui arrivent et qui sont décomplexés par rapport au texte.

    B&G : Dans votre émission, vous parlez beaucoup du label français Entreprise ? C'est un label avec qui vous avez des contacts ?
    SF : A la base, on a surtout écouté des groupes de ce label. A partir du moment où on a écouté un groupe, on en a écouté un deuxième par curiosité. On les trouvait intéressants et on a commencé à faire des parallèles, par la discussion pendant l'émission : ce label arrive à avoir une patte assez particulière dans la pop.

    B&G : Avez-vous des contacts ou des retours de la communauté pop française ? Labels, groupes, journalistes, blogueurs ?
    BT : En fait, c'est un pur hasard.
    SF : On n'a pas fait l'émission pour avoir des contacts. Le but est de proposer du contenu qui nous plaît d'abord et qu'on a envie de faire découvrir aux gens.
    BT : Il y a aussi le fait que nous sommes à Châteauroux, à 1heure de Bourges. Donc le fait d'aller couvrir le Printemps de Bourges permet d'avoir des contacts : au fil des discussions et des rencontres, on se retrouve nez-à-nez avec des artistes qu'on écoute depuis quelque temps, et qui sont très heureux de savoir qu'on passe leurs morceaux et qui nous suivent.
    SF : Cela donne lieu à des interviews assez particulières : on se retrouve à  discuter avec eux en off, et on branche un micro pour évoquer avec eux la musique en général, leur mécanisme de création, leur vision de la diffusion.
    BT : D'ailleurs, c'est marrant car on n'a jamais rencontré un groupe d'Entreprise, même si on parle beaucoup de ce label. On va maintenant écouter La Lune de Moodoïd.

    BT : Ce n'est pas avec ce groupe d'Entreprise que j'ai pris la plus grosse claque mais c'est celui qui m'intrigue le plus en ce moment. C'est un groupe qui m'a demandé plusieurs écoutes mais qui maintenant me fait bien planer.
    SF : Ça passe souvent comme cela avec beaucoup de groupes et de titres. Quand une nouveauté arrive, je l'écoute une première fois et je ne suis pas forcément fan. C'est en  l'écoutant ensemble pendant l'émission que ça devient évident.
    BT : Il y a l'atmosphère qui joue. Et aussi le matériel avec lequel on écoute. J'ai acheté un nouveau casque pour écouter de la musique et ça change tout.
    SF : Ce n'est pas la première écoute qui permet de juger. Il faut écouter plusieurs fois pour apprécier. Après, pour un groupe comme Juniore, je n'ai pas eu besoin d'écouter trois fois ce qu'ils font pour aimer.
    BT : Moi non plus. Il y a aussi Grand Blanc, et Superets, un groupe de qualité. Et les Blind Digital Citizen, un fabuleux groupe, à apprécier en vinyle à la maison, avec du bon matériel. Tous ces groupes montrent qu'il y a un vrai choix, une tonalité du label Entreprise. On voit que ce sont des gens qui ne font pas les choses que pour gagner de l'argent, qui veulent proposer une couleur musicale.

    B&G : Nous avons constaté que vous êtes très impliqués dans l'animation de la vie pop à Châteauroux, notamment avec des showcases et des concerts comme pour La Féline. Comment est organisée la vie pop à Châteauroux (salles de concert, bars, disquaires, …) ? Quel est l'impact local de votre émission ?
    SF : Il n'y a pas forcément beaucoup de gens qui sont placés sur ce concept d'aller organiser des concerts dans les bars. Habituellement, ce sont plutôt les bars qui proposent du contenu. Il n'y a pas de structure qui coordonne tout cela. Et c'était aussi l'occasion de faire des petits concerts par le biais de la radio, d'en parler, de faire parler de la radio, de l'émission, de ces jeunes groupes qu'on a découverts et aimés.
    BT: Il y a aussi eu les opportunités qui se sont présentées, la volonté de proposer autre chose que les concerts qui ont lieu à Châteauroux. On a une salle attenante à la station de radio, qui s'appelle Le 9 Cube et qu'on peut louer.
    SF : C'est une salle qui ne propose pas de programmation et qui est alimentée en concert par les associations locales qui s'investissent dans l'organisation. Il y a une vraie volonté de développer la musique à Châteauroux, qui n'est pas une très grande ville, 50 000 personnes, 60 000 avec les villages autour, donc avec un public qui n'est pas immense.
    BT : Il y a aussi eu cette volonté de la radio de proposer trois concerts par an, avec des programmations assez larges. On s'est alors dit qu'on ne s'y retrouvait pas assez et qu'on voulait en avoir plus. Châteauroux est une des rares villes où les choses se font à l'envers : d'habitude, ça se passe dans les bars et ça vient vers la scène ; ici, c'était l'inverse, ça commençait dans une salle et il ne se passait rien dans les bars. On s'est dit que c'était peut-être le moment de prendre le créneau des bars. Et comme on habite au milieu de la France, ça permet de faire graviter des groupes ici. Nous sommes tombés sur Banquise qui avait un son cohérent, bien construit, qui correspondait à nos attentes, et nous avons participé au Kiss Kiss Bank Bank de Banquise.
    SF : Dans ce qui va venir plus tard, on va fonctionner sur ce schéma, en passant par du financement participatif, en contactant les groupes et en discutant avec eux. Ca permet aux groupes d'avoir une participation financière assez intéressante pour le développement de leur projet. Et nous, ça nous permet d'avoir un artiste ou un groupe qui vient jouer ici et qui est souvent très content de venir.
    BT : Et très surpris d'avoir eu l'occasion de nous écouter à la radio, de se rendre compte qu'on correspondait à ce qu'il présentait, de venir ici et d'être bien accueilli. On n'est peut-être pas nombreux, on n'a peut-être pas les meilleures salles du monde, mais on a une a capacité d'accueil, de gentillesse, de volonté de choyer les artistes.

    B&G : Quel est le futur de ces soirées concerts ?  D'autres événements sont-ils prévus ?
    SF : Normalement, il n'y aura plus de soirées OhMyPop. Tout simplement parce que, avec Bérenger et d'autres personnes, nous sommes en train de monter une autre association, en parallèle de la radio, qui prendra le relais pour organiser des concerts dans les bars, et potentiellement travailler encore avec la radio pour des showcases. On en reparlera à l'antenne.
    BT : Nous avons fait plusieurs événements OhMyPop : avec Banquise, avec Part Time Friends, un groupe parisien qui commence à être connu et qui va sortir son album, avec Café Glacé, un groupe local que Sylvain connaît bien puisqu’il est partie prenante dans ce groupe. Et avec La Féline, que nous aimons beaucoup, qui est une artiste qui a un univers particulier, très bien écrit et très pop. Maintenant, on aimerait s'élargir : sur la radio, il y a des émissions rock, hip hop, électro, et on souhaiterait aller vers ces univers. Du coup, OhMyPop, c'est trop restrictif. D'où une nouvelle association qui travaille sur les musiques actuelles. C'est la meilleure solution pour nous.

    B&G : Comment définiriez-vous l’humeur et la tonalité de la French Pop actuelle ?
    BT : Ca rejoint l'impact et le rôle des petites radios sur la scène pop française actuelle. Il y a deux possibilités. D'un côté, ça peut être un effet de mode, qui s'emballe et qui va se casser la gueule, avec beaucoup de choses qui vont s’essouffler, comme dans les années 80. De l'autre côté, comme on le fait, il ne faut pas trop s'emballer, essayer de proposer des choses de plus en plus pointues dans la scène rock et pop française, d'aller chercher des choses, notamment sur internet, comme le font les compilations Mostla – La Souterraine, Jeunes Pousses sur le site « Goûte mes disques ».
    SF : Des choses pointues mais pas inaccessibles.
    BT : C'est cela que des petites radios comme la nôtre peuvent proposer : aller chercher des choses qui vont peut-être un jour passer sur Europe 1, France Inter, ou même Le Mouv, et aussi diffuser des choses qui ne passeront jamais sur ces radios, qui resteront indés car les gars ont un boulot à côté et veulent juste faire de la musique pour la musique. C'est comme cela que je conçois notre rôle, en tant que petite radio : être à cheval entre ces deux mondes.
    SF : Sur la tonalité de la French Pop, ce qui m'a marqué et séduit dans ce qui se passe actuellement, c'est le côté très décomplexé par rapport à la tradition française de la chanson à texte, et aussi cette volonté parfois de ne pas trop se poser la question du texte et qui font sonner les mots sur une musique comme le font les Anglais. Il faut le saluer : aujourd'hui, ça paraît peut-être anodin mais il y a une vraie prise de risque dans cette manière de voir les choses.
    BT : Il y a un groupe comme Feu ! Chatterton qui propose une musique qui va lier la tradition de la chanson et du rock français, un peu à la Noir Désir, à une tonalité plus pop qui fait bouger et danser. C'est ce que nous aimons beaucoup.
    SF : C'est un équilibre entre l'histoire de la musique française et l'histoire de la musique pop, qui ne sont pas forcément les mêmes.
    BT : La Malinche de Feu ! Chatterton est une illustration de cela. On peut aussi aller du côté du groupe Aline, qui me fait délirer, qui me rappelle ce qui se faisait dans les années 80 en Angleterre avec Sarah Records, et qui se mélange avec un univers plus français comme celui d'Etienne Daho. On attend maintenant le deuxième album d'Aline.

    B&G : Quels ont été vos coups de cœur de l'année 2013 ?
    SF : De mon côté, c'est « Reflektor » d'Arcade Fire. On attendait tellement un autre album d'Arcade Fire, on se disait « pourvu qu'il soit au moins bien ». Quand on attend tellement un album, on a peur qu'il soit en dessous du précédent. Et « Reflektor » m'a bien plu, il y avait tout ce qu'il fallait, j'ai trouvé ça frais et énergique.
    BT : Je n'ai pas trop compris les critiques. En fait, je n'ai pas pris cet album comme un nouvel album d'Arcade Fire, mais comme l'album d'un nouveau groupe.
    BT : J'ai adoré « Howlin' » de Jagwar Ma, un groupe fabuleux, des Australiens qui vivent en Angleterre et qui ont pris des influences partout. On ne s'y attendait pas du tout. Eux et Temples sont deux groupes très impressionnants. L'album « Howlin' » est maîtrisé de bout en bout, il ne manque rien, il n'y a rien à enlever, rien à ajouter. Ça me fait limite peur pour leur deuxième album car il va falloir atteindre le même niveau et ça va être compliqué.
    SF : Le groupe La Femme a aussi été marquant. Leur album « Psycho Tropical Berlin » est mon coup de cœur. Le permier titre de La Femme que j'ai écouté est Sur La Planche, bien avant la sortie de l'album, que j'avais passé en septembre 2012 dans une autre émission que OhMyPop. C'est à cette époque que je les ai découverts. On les avait vus au Printemps de Bourges en 2013. On était contents de les voir mais on espérait mieux, on était un peu mitigés sur leur prestation. Malgré cela, j'ai beaucoup apprécié leur album. On est typiquement dans ce côté décomplexé dont on parlait : on ne se prend pas la tête avec le texte, et en même temps c'est très travaillé, ils ne font pas n'importe quoi. Et il y a ce côté complètement dingue des personnages qui composent le groupe.

    BT : Je les ai rencontrés deux fois en interviews, une fois très bien, et l'autre fois très désagréable car ils jouaient des personnages. J'ai eu l'occasion d'en rediscuter avec eux après et ils se sont excusés pour l’interview ratée. Ils ont depuis arrêté de jouer ces fameux personnages.
    SF : Ce n'est pas gênant qu'ils jouent des personnages sur scène.
    BT : Oui, mais ça leur arrivait de continuer en dehors de la scène. A côté de cela, il y a une vraie maîtrise du marketing et de ce qu'ils veulent produire, notamment par les deux bonhommes qui mènent le groupe. Ils savent où ils veulent aller, ils ont aussi appris sur le tas, en partant proposer leur travail aux Etats-Unis. Il faudra voir ce que donne leur deuxième album. Mais j'avoue que leur premier album a une énergie incroyable, et que ça déglingue sur scène.
    SF : Tu voulais aussi parler d'un autre coup de cœur.
    BT : Tout à fait. Il s'agit un peu de la version française de Jagwar Ma. Ce sont des univers qui peuvent se retrouver. En fait, ce n'est pas un album, c'est la mixtape de Petit Fantôme, « Stave ». En 2011, il nous avait déjà gratifiés de « Yallah », un EP magnifique, un peu étrange, complètement dingue. C'est un bijou pop « Do It Yourself » comme je les aime. Cette mixtape, réalisée en quelques mois de travail et issue de nulle part, a été une grosse claque. « Stave » est la contraction de « C'est ta vie ». C'est sa manière de présenter qui il est, ce qu'il ressent comme néo-trentenaire, qui en a peu bavé psychologiquement, qui a eu des difficultés, qui peut avoir non pas des regrets mais des choses à exprimer. Beaucoup de magazines ne s'y sont pas trompés, même si je trouve qu'ils sont arrivés un peu tard et que ce monsieur aurait dû être suivi depuis belle lurette. D'ailleurs, il est un des musiciens qui travaillent avec François & the Atlas Mountains, qui est un de nos coups de cœur de 2014.

    B&G : Et quels sont vos coups de cœur de la première moitié de l'année 2014 ?
    SF : Alors moi, j'ai envie de parler d'une artiste qui m'a mis une petite claque. Il s'agit d'Angel Olsen. Son premier titre était sorti fin 2013. Nous en avions parlé pour nos espoirs 2014 et nous ne nous sommes pas trompés sur la qualité de son album « Burn Your Fire For No Witness ». Ce n'est malheureusement pas une artiste qu'on va retrouver à beaucoup d'endroits. Il n'y avait que quelques dates prévues en France, qui doivent d'ailleurs déjà être passées. Ce que j'ai aimé dans cet album, c'est qu'on navigue entre folk, pop et pop indé. Il y a aussi un son un peu cradingue qui traîne sur les guitares. Elle s'amuse avec beaucoup de choses mais il y a un liant entre tout ça, certainement la voix de cette jeune artiste, et l'album tient vraiment la route.

    BT : Je ne suis pas un grand fan mais ça s'écoute très bien, c'est très agréable. C'est indéniablement un très bon album. Ce n'est pas mon truc mais je trouve quand même que c'est très bien fait.
    SF : C'est là où on diffère parfois sur ce qu'on aime dans la pop. Mais c'est très intéressant et enrichissant de pouvoir confronter tout ça et de découvrir des choses qu'on n'écoute pas à la base.
    BT : Moi, j'ai beaucoup aimé l'album de Pégase. J'ai trouvé ça génial, Ladybug notamment.
    SF : Très bon titre, hyper radiophonique.
    BT : Tout à fait. Globalement, l'album est bien construit. J'ai eu la chance de le rencontrer récemment pour une interview de trois quarts d'heure que je dois encore monter. Il est très prolixe, il a beaucoup de références, il sait ce qu'il a à dire, on ne perd pas de temps. Comme il a beaucoup de choses à dire, l'interview est longue mais c'est très intéressant. Et surtout, Pégase, c'est un personnage, un artiste complet. J'ai trouvé ça génial, bien construit de bout en bout, avec une histoire, une introduction, un développement, une conclusion. C'est très cinématographique, on s'attend à voir un film derrière la musique. Je lui ai d'ailleurs demandé si le cinéma pouvait l'intéresser. Et ça ne laisse pas insensible. Dans un autre style, j'ai aussi adoré l'album de Metronomy, « Love Letters », qui est une vraie bombe.
    SF : De mon côté, j'ai eu du mal. Je l'ai écouté et je suis très vite revenu à l'album précédent.
    BT : Je suis revenu au précèdent pour pouvoir me mettre dans « Love Letters ». Je le mets dans la voiture et ça marche ! Chaque titre est une claque. I'm aquarius par exemple, bien produit sur l'album, c'est magnifique. L'intro de The Upsetter est parfaite. Et puis j'ai adoré cet album car il me rend nostalgique d'une époque musicale que je n'ai pas connue, celle de mes parents. Avec des sons qui rappellent Mamas & Papas, des choses qui font penser à du surf rock, avec des éléments de rock prog. Il y a un peu de tout. Ensuite, dans le genre album grosse baffe, il y a « Salad Days » de Mac DeMarco. Je l'ai vu en live : wouah ! Je l'écoute depuis 2011 – 2012. Je conseille : sur scène, c'est énorme. C'est complètement dégingandé, avec des guitares cassées, complètement « Do It Yourself », il est mal fringué et ne ressemble pas à grand-chose, mais c'est le gars le plus cool du monde. Enfin, mon chouchou français du moment, c'est le groupe Cliché qui vient de Bordeaux. Ils sont suivis par le groupe Pendentif.
    SF : Ils devraient passer à Châteauroux.
    BT : Oui, il reste quelques détails à régler et à fixer la date. Ca devrait être la troisième soirée organisée par nos soins et la première par notre nouvelle association. Pour moi, leur morceau Coïncidence est un des meilleurs que j'ai pu écouter ces six derniers mois, encore meilleur que le titre Hélicon : il m'a fait bander !
    SF : Sur ces jolis mots, on va se dire au revoir ! Rendez-vous en septembre pour la troisième saison de OhMyPop.


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