• La communauté pop indé : interview de Record Station (10 avril 2014)

    Interview de Quentin, de Record Station.
    Le 10 avril 2014 - Record Station (13 rue des Récollets - 75010 Paris)
    Par Baptiste et Gérald PETITJEAN.

    La communauté pop indé : interview de Record Station (10 avril 2014)

    On croit entrer dans une étroite boutique de vinyles, et c'est en fait à un univers musical dense et étendu que l'on accède. Quentin, le fondateur et responsable de Record Station, nous y accueille pour une interview chargée de culture pop, rock, soul, jazz. En clin d’œil au disquaire du roman "High Fidelity", nous avons terminé par une série de tops, un exercice auquel tous les fans de musique devraient se plier !

    La communauté pop indé : interview de Record Station (10 avril 2014)

    Baptiste & Gérald : Quelle est l'histoire de Record Station ? Quand as-tu démarré l'aventure ? Qu'est-ce qui a motivé l'ouverture d'une boutique spécialisée dans les vinyles ?
    Quentin : Ca a démarré en 2009. C'est vraiment le fruit d'un fantasme. C'était ma cour de récré du samedi car je faisais ça en plus de mon boulot. Je travaillais dans une compagnie aérienne, j'allais souvent aux Etats-Unis, et c’est là-bas que je suis vraiment tombé dans l'univers des vinyles. En particulier les disques de soul. J'avais aussi l'envie d'avoir un endroit dans lequel écouter de la musique sans emmerder ma nana et les gens qui vivent avec moi : avoir une grosse discothèque quelque part, un lieu de partage musical. Et j'ai pris ce local. Au départ, je n'avais pas prévu que ça devienne un commerce : j'ouvrais juste le soir et le week-end. Et puis, ça a pris de l'ampleur car je ramenais de plus en plus de vinyles, une petite clientèle s'est créée par le bouche à oreille. Je n'ai pas eu besoin de faire de la communication et de la publicité ; et heureusement car ce n'est pas mon truc du tout (rires).

    B&G : Tu as démarré tout de suite dans le créneau des pressages originaux ?
    Q: Oui car c'est ce que je chinais pour moi. Je recherchais des pressages américains. J'ai vu très vite la différence entre un pressage original et un pressage français ou européen lambda. Mon premier contact était assez charnel : la pochette du disque qui me plaisait, l'épaisseur du carton, les pochettes dépliantes, et tout l'artwork. Et ensuite le contenu : je me suis rendu compte de la richesse et de l'amplitude du son des pressages originaux. C'était vraiment cette passion que j'avais envie de partager. Depuis que j'ai ouvert le magasin, ma culture musicale s'est très nettement élargie au contact des autres, en discutant et en partageant avec les clients. La plupart de mes clients les plus fidèles sont là depuis le début. Et avec le temps ils ont fini par développer des liens ici entre les murs du magasin, autour de la platine, en cherchant et se conseillant des disques entre eux. Ils connaissent leurs goûts respectifs et leurs points communs. Pourtant, ils ne se voient pas en dehors de la boutique qui, à force de rencontres, est devenue comme un lieu de rendez vous pérpétuel. Je me retrouve acteur et spectateur de ces échanges et j'y prends beaucoup de plaisir.

    B&G : Ici, il y a un double enrichissement : toi qui fais découvrir des disques aux clients et aussi les clients qui te font découvrir d'autres disques. Il y a toujours cet échange ?
    Q: Non, pas tous. Parfois, les gens sont un peu gênés de dire qu'ils n'y connaissent rien. Alors qu'on a presque envie d'être à leur place et d'avoir toutes ces belles choses à découvrir. Le rapport à la musique est assez singulier et personnel : il y a des disques qui te marquent à une période donnée, d'autres qui te laissent indifférent à un instant T puis, quelques années après, en fonction de ta vie (parcours sentimental, doutes ou humeurs du moment, …), te parlent tout d'un coup. Par exemple, au départ, j'étais moins sensible à des univers musicaux tels que le punk, la new wave, la scène 80's. Quelqu'un comme Etienne Daho m'a aussi fait apprécier la French pop (Jacno, Stinky Toys, ...). Je me suis aussi mis au jazz, que je n'écoutais pas du tout quand j'avais 20 ans. Au départ, j'étais plus attiré par le rock 70's ou le rock 60's, le garage, le psyché. Bien sûr, j'écoutais Cure et Joy Division. Mais des groupes comme Echo & the Bunnymen, Jesus & Mary Chain, Television, les Modern Lovers ou même Alan Vega et Suicide, c'est venu plus tard, c'était moins évident.
    Mes premières grandes histoires musicales furent Dylan et les Beatles, le genre de liaison qui te suivent toute ta vie, il y a toujours un moment où tu y reviens et c'est comme retrouver des vieux amis. Par contre, quand j'ai ouvert le magasin, j'étais dans une grosse période soul : je n'écoutais quasiment que ça et c'est ce que je faisais naturellement découvrir aux gens, avec beaucoup d'enthousiasme.

    La communauté pop indé : interview de Record Station (10 avril 2014)

    B&G : Pour toi, qu'est-ce qui est important dans le vinyle ?
    Q: Le vinyle rematérialise la musique et permet de s'extraire du bruit de fond. L'instant vinyle, sans parler de pressages originaux, s'est recréé ces dernières années : c'est la rencontre d'un objet qu'on a dans les mains et d'un moment pendant lequel on se pose pour écouter de la musique. Le vinyle rend ainsi ses lettres de noblesse à un art qui s'était réduit à n'être qu'un produit de consommation.

    B&G : Comment trouves-tu les disques que tu vends dans ton magasin ?
    Q: Je n'achète quasiment jamais de disques en France. Une fois que tu as pignon sur rue, beaucoup gens te demandent de venir voir les disques qu'ils ont chez eux. Comme le vinyle revient à la mode, on se persuade vite d'avoir un trésor chez soi. Je me suis ainsi retrouvé dans des endroits improbables, entouré uniquement de disques de Claude François et de C Jérôme par exemple. Le genre de situation embarrassante dans laquelle tu as juste envie de leur dire d'ouvrir les fenêtres et de faire du frisbee. Cela ne m'empêche de jeter un oeil quand on m'amène des disques au magasin mais, compte tenu de mon parcours, j'achète principalement des disques aux Etats-Unis et en Angleterre où j'ai développé beaucoup de contacts. J'ai aussi quelques correspondants japonais et scandinaves que je rencontre en Europe. D'ailleurs au Japon, contrairement à ce qui s'est passé chez nous, le marché du disque ne s'est jamais effondré car ils ont toujours respecté les amateurs de musique, en faisant des belles éditions limitées, en repartant des masters d’origine pour avoir la meilleure qualité de son possible, en respectant scrupuleusement l'artwork d'origine (les couleurs, les inserts, …).

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    B&G : Qui sont tes fournisseurs ?
    Q : Au Etats-Unis, ce sont beaucoup de particuliers : des collectionneurs et des mélomanes  (souvent des retraités). Tous ces correspondants deviennent ainsi des relais. Je ne fais pas moi-même les brocantes ni les vide-greniers car ça me prendrait trop de temps. Il faut vivre sur place pour faire ça. Mes relais vont chiner, regardent dans les journaux locaux si des collectionneurs revendent leur collection, et me mettent de côté une pré-sélection. Une fois sur place, je vérifie l'état des disques qu'ils ont pré-séléctionnés et je fais ma sélection définitive. J'en profite aussi pour rencontrer des collectionneurs privés, aller dans des magasins spécialisés, des conventions et autre dépôts. Aujourd'hui ça se complique un peu car comme le vinyle revient à la mode, beaucoup d'opportunistes qui ne sont pas de véritables amateurs de musique se sont mis sur le créneau et vendent directement sur internet. Et inexorablement le pressage original est une source qui va se tarir ...

    B&G : Combien de temps pars-tu pour aller chercher des disques ?
    Q : Je pars entre trois jours et une semaine. Quand je travaillais pour une compagnie aérienne, j'avais plus de flexibilité et ça ne me coûtait pas très cher. Parfois, j'allais aux Etats-Unis juste pour ne pas manquer une vente, quand un correspondant m'avertissait qu'une collection allait être vendue rapidement. Ça m'a permis de constituer un stock important et de lancer l'affaire. Maintenant, j'ai un vrai fonds de roulement et je vais aux Etats-Unis moins souvent, deux à trois fois par an. J'alterne les voyages avec l'Angleterre, car c'est plus proche, donc plus pratique, mais surtout pour diversifier l'offre du magasin : les pressages anglais, avec leur son détaillé et leur pochette laminée, c'est un must. Mais aussi tout le mouvement Indie puis Britpop (80's et 90's). Les vinyles de la période Britpop (en gros 1991 à 2005) sont assez rares car il y avait très peu de pressages vinyles. Et puis, ces disques font partie du patrimoine anglais, donc ils tournent très peu, sont très recherchés en Angleterre et ne restent pas longtemps sur le marché.

    B&G : Tu as déjà fait un voyage uniquement pour un disque ?
    Q : Ca peut motiver un départ. Mais, avec mon réseau, je sais que je vais aussi me déplacer pour d'autres choses. Généralement, je connais très bien mes correspondants, il y a un vrai rapport de confiance et j'attends qu'ils aient suffisamment de choses intéressantes.

    B&G : Tu connais les autres disquaires parisiens ? Ou tu es sur un créneau trop particulier ?
    Q : J'ai toujours été très indépendant. Je connais très peu physiquement les boutiques parisiennes de vinyles. J'ai surtout appris à les connaître de nom par l'intermédiaire de mes clients. C'est assez lié à mon histoire personnelle : je gardais mon argent pour chiner pendant mes voyages aux Etats-Unis. Quand j'avais dix-huit ans, j'allais un peu aux Puces : j'y ai acheté l'intégrale de Sinatra, des Pink Floyd en pressage de couleur. Mais je ne fréquentais pas les boutiques spécialisées. Actuellement, je sais qu'une nouvelle génération de disquaires s'est installée, plutôt dans le créneau des rééditions et des nouveautés.

    B : La dernière fois que je suis venu dans ta boutique, tu m'avais dit que certains disques ici étaient vraiment rares et que, parfois, tu n'avais pas envie de les voir partir.
    Q : Ça arrive. Même s'il faut qu'ils partent aussi. Mais les trouver me procure déjà beaucoup de plaisir. Après si de bonnes mains s'en emparent c'est encore mieux. Et moi-même, j'ai des réflexes de collectionneur, avec tout le côté addictif qui va avec les vinyles et cette recherche pérpetuelle de nouveautés et de raretés. En plus de classiques que l'on se doit d'avoir en stock dans de belles éditions, j'essaye d'avoir des choses moins communes et moins évidentes à proposer, donc plus difficiles à trouver. Et, me concernant, c'est ce qui maintient la flamme quelque part. Ainsi, le fait de pouvoir acheter des vinyles pour plein de gens a un peu calmé mon addiction ; je déclenche maintenant des émotions par procuration, en trouvant des disques que des personnes recherchaient depuis longtemps.

    B&G : Comment est venue ta passion pour la musique ?
    Q : Mon père est compositeur de musique contemporaine. Donc, tout ce que j’écoute aujourd'hui, je n'avais pas trop le droit ou l'opportunité de l'écouter chez mes parents. Ma passion de la musique est née de rencontres, avec des amis, à partir du lycée. On dit souvent qu'un ami est celui qui aime votre style de musique. Je me rends compte qu'ici, des personnes qui viennent d'univers complètement différents et qui ne s'adresseraient pas la parole en dehors du magasin se mettent à discuter et à partager leurs coups de cœur musicaux. Ça facilite les liens et le contact. Parfois, sur certaines ventes, je n'ai même rien à faire : un client cherche quelque chose et un autre client se met à le conseiller.

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    B&G : Ta boutique nous fait bien sûr penser au roman de Nick Hornby « High Fidelity ». On va donc poursuivre avec des Top 5.
    Q : Oui, c'est exactement ça l'esprit de ma boutique. L'ambiance de « High Fidelity », ou d'une scène du film « Hairspray » de John Waters. Et pour la petite anecdote, à Baltimore, une ville que je connais très bien, il y avait un disquaire soul qui m’a beaucoup marqué : quand tu rentrais dans cet endroit, tu te retrouvais transposé dans une autre époque, avec des gens apaisés, sans méfiance.

    B&G : Top 5 des plus belles pochettes d’albums ?
    Q : - Le premier Elvis Presley, pour ce qu'il représente, aussi pour le fait que les Clash ont repris cette pochette pour « London Calling ». Et, dans l'édition originale, il y a un truc particulier dans les couleurs, qui donnent un effet de profondeur et de 3D. Et il y a eu tellement de rééditions de cet album. J'ai d'ailleurs longtemps cru avoir l'original et, quand j'ai visité Graceland, en voyant les pochettes des albums qui sont exposées, je me suis rendu compte tout de suite que je n'avais jamais eu l'original. Depuis, je l'ai trouvé plein de fois, même s'il fait partie des disques les plus rares que j'ai vendus !
    - Ahmad Jamal, « Listen ». Ce disque n'est pas son plus connu, ni même réputé comme étant son meilleur. Mais cette pochette est juste une invitation à s'adonner à ce bonheur qu'est l'écoute d'un disque.
    - Chet Baker, « Chet Baker & Strings ». Mais il y a tellement de disques de Chet Baker qui fixent votre attention, ne serait-ce que pour leur pochette.
    - Terry Callier, « What color is love ». En plus d'être un disque splendide (pourtant pas mon préféré de l'artiste, ce serait plutôt « Occasional Rain » pour ma part), cette photo illustre tellement bien l'intimité et le moment de quiétude que constitue l'écoute d'un disque comme celui-ci.
    - The Smiths, « The Queen is Dead », pour le côté iconique avec Delon sur la photo. Toutes les pochettes des albums des Smiths sont magiques.

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    B&G : Top 5 des albums les plus rares que tu as vendus ?
    Q : - Le premier 13th Floor Elevators, « The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators ».
    - The Kinks, « The Kinks Are the Village Green Preservation Society », en édition UK mono.
    - O.V. Wright, « A Nickel and a Nail and Ace of Spades »
    - Le premier David Bowie, celui où il a une coupe de cheveux mod. Un album surtout connu des fans les plus ardus de Bowie.
    - Syl Johnson, « Dresses too short ».

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    B&G : Top 5 de tes albums décisifs ?
    Q : - Nina Simone, « Here comes the sun ».
    - Le premier Velvet Underground.
    - Bob Dylan, « Highway 61 Revisited ».
    - Pulp, « This is Hardcore ».
    - O.V. Wright, « The Bottom Line ».

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    B&G : Top 5 des albums que qui ne sont pas encore dans ta collection ou dans ton magasin mais que tu rêverais d'avoir ?
    Q : Les disques suivants, si je les rentre dans le magasin, ça me posera un vrai problème de conscience pour savoir si je les vends !
    - Howlin Wolf, « Moanin' In The Moonlight »
    - Nick Cave, « Let Love In »
    - The Sonics, « Here Are The Sonics ». Je l'ai déjà vu une fois, mais malheureusement pas en bon état et à un prix exorbitant ...
    - The Deviants, « Ptooff! »
    - Lee Moses, « Time and Place », avec le morceau Bad Girl, qui est revenu à la mode car il passe quasiment en intégralité dans le film « L'Apollonide ». Un disque maudit car le premier label sur lequel il est sorti a fait faillite peu de temps après. Donc, il y eu peu d’exemplaires originaux. Et, plus tard, le label anglais qui a sorti une réédition a aussi coulé. Cet album est très dur à trouver et très très cher.

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    B&G : Top 5 des albums récents (5 ou 10 dernières années ) ?
    Q : - Le dernier Daho, « Les Chansons de l'innocence retrouvée ». C'est une évidence. Cet album est magnifique.
    - Le premier Pete Doherty, « Grace/Wastelands », produit par Graham Coxon. D'ailleurs, c'est Graham Coxon le génie de Blur. Tous ses albums solo pourraient être dans ce top 5, en particulier « Happiness in magazines » et « The Kiss of Morning ».
    - Last Shadow Puppets, « The Age of the Understatement ». Le dernier Miles Kane (« Don’t Forget Who You Are ») est d'ailleurs très bon, bien meilleur que son premier album. Je préfére Miles Kane à Alex Turner, j'aime cette énergie mod qu'il dégage.
    - Le dernier Dr. John, « Locked Down », produit par Dan Auerbach des Black Keys, qui confirme que ce vieux son vaudou suave de la Nouvelle Orléans est intemporel.
    - Le dernier Nick Cave, « Push The Sky Away ». Un artiste à part.
    Le dernier BRMC m'a énormément plu aussi et est à mes yeux leur plus abouti. J'ai aussi beaucoup aimé les derniers Suede et Primal Scream, même si ce ne sont pas leurs meilleurs albums. Leurs concerts parisiens en 2013 étaient géniaux.

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    B&G : Top 5 des morceaux French Pop ?
    Q : - Serge Gainsbourg, Variations sur Marilou.
    - Christophe, Le temps de vivre.
    - Michel Polnareff, Je suis un homme.
    - Jacno, Mauvaise humeur, extrait de l'album « Faux témoin », produit par Etienne Daho.
    - Etienne Daho, L’Homme qui marche.

    B&G : Dans les groupes français actuels, quels sont ceux que tu apprécies et qui t'ont marqué ?
    Q : J'aime bien le virage qu'ont amorcé les BB Brunes sur leur dernier album, je trouve qu'Adrien Gallo a d'ailleurs un vrai talent d'écriture. L'album d'Aline (« Regarde Le Ciel ») est très bon, superbement produit par Jean Louis Piérot qui, à mes yeux, fait partie des meilleurs réalisateurs et arrangeurs en activité. J'ai aussi beaucoup aimé le Lescop et son atmosphère très Factory. Le dernier Coming Soon (« Tiger Meets Lion ») est assez innovant. J'ai été séduit par les morceaux J'appelle de Jérémy Kapone, qui a réussi à se construire un univers très personnel, et Ma Fiancée de Marc Desse, qui est très intéressant. Il y aussi un jeune groupe,  Mondo, dont le futur album « Abracadabra » est prometteur.

    B&G : Top 5 des chansons à écouter quand il pleut ? [précisons que nous avons préparé ce questionnaire par une journée pluvieuse ...]
    Q : - Morrissey, Everyday Is Like Sunday
    - Blur, Under The West Way
    - The Ronettes, Walking In The Rain
    - Sinatra, It Was A Very Good Year
    - Travis, Why Does It Always Rain On Me ?


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