• - Gaspard Royant : New Year's Day

    - Depeche Mode : Heroes

    - Jo Wedin & Jean Felzine : After Laughter (Comes Tears)

    - Graham Coxon : Falling

    - Donald Pierre : (Elle est partie) Ma panthère

    - Sarah Cracknell & Nicky Wire : Nothing Left To Talk About

    - I Can Fly : New Horizons

    - Pendentif : L'originel

    - Blot : So long

    - Portrayal : Lost souls

    - Monkey To The Moon : This warlock called love

    - Mohamed Lamouri & Groupe Mostla : Tgoul maaraft


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  • Interview d'Orouni, à l'occasion de la sortie de l'EP "Somewhere in Dreamland", produit par les Disques Pavillon.

    Le 30 novembre, au Pop In (105 Rue Amelot, 75011 Paris).

    Interview d'Orouni (30 novembre 2017)

    Baptiste et Gérald : Une question originale pour commencer : comment la musique est-elle venue à toi ?

    Orouni : J'ai commencé assez tard par rapport à d'autres adolescents : la musique avant mes 14-15 ans était quasi absente de ma vie. Et puis j'ai découvert les Beatles, les Kinks, Leonard Cohen, et ensuite ma mère m'a donné une guitare dont elle ne se servait pas : j'ai pris des cours de guitare, et mes premières compositions sont venues quand j'avais 16 ou 17 ans. Je ne me suis plus arrêté depuis ! Et je compose toujours à la guitare. Cela dit, je me souviens que nous avions un piano dans la maison familiale, c'est mon père qui en avait joué, jusqu'à son bac. Il avait un certain niveau. Quant à moi je ne savais pas en jouer, mais à l'époque je pianotais vaguement (j'en joue toujours assez mal d'ailleurs), et je crois même que j'ai imaginé mes premières compositions au piano, avant de passer à la guitare. Tout cela a dû finir par se révéler à l'adolescence.

    Baptiste et Gérald : Tu as ensuite essayé de monter un groupe ?

    Orouni : Mes premières compositions s'accompagnaient de paroles en français, je n'en étais pas vraiment satisfait. Et puis, comme la musique que j'aimais à l'époque venait du monde anglo-saxon, je me suis mis à l'écriture en anglais. Mon premier concert date de 2005, lors d'un festival étudiant. C'était au Danemark, pendant mon année Erasmus. A mon retour en France, j'ai commencé à m'entourer de musiciens. L'équipe Orouni est désormais stabilisée, particulièrement pour le live. C'est mieux pour la cohérence globale sur le plan artistique. Avec une nuance pour le batteur qui en concert n'est pas forcément le même que celui qui a enregistré en studio. C'est Jean Thévenin [François & The Atlas Mountains, feu Hopper, et son projet solo Jaune] qui joue sur cet EP (avec aussi Serge Descombes) ainsi que sur l'album qui va venir. C'est lui qui imagine des motifs, et parfois je lui donne quelques pistes à explorer. Par ailleurs, la violoncelliste (Maëva Le Berre), la violoniste (Anne Millioud-Gouverneur) et le tromboniste (Benoît Giffard) sont les mêmes que sur « Grand Tour ». On élargit aussi en fonction des envies : par exemple j'ai fait appel à une saxophoniste baryton pour l'enregistrement du dernier EP. Cela dépend un peu du budget !

    Baptiste et Gérald : Orouni a toujours été le nom de ta formation musicale ? 

    Orouni : Au départ, je voulais tenir un blog sur mon expérience en Erasmus au Danemark. Je lisais « Sur la route », le roman de Kerouac, et je suis tombé sur le passage où se trouve le mot « Orouni » . J'ai trouvé que cela correspondait bien à l'univers un peu inventé que je voulais créer. J'ai donc repris ce nom par la suite pour mon groupe. 

    Baptiste et Gérald : Parlons du style Orouni : une pop orchestrée, arrangée. Cela te convient comme définition ? 

    Orouni : Déjà en solo, j'imaginais des contre-mélodies, que je jouais sur une deuxième piste avec la même guitare que celle qui jouait les accords. J'ai donc commencé en guitare-voix, par manque de moyens. Mais une évolution logique m'a conduit au style que vous décrivez. J'ai beaucoup écouté les Beatles, en particulier les albums « Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band » et « Revolver », et les Kinks période « Something Else ».  Les premiers albums de Belle & Sebastian m'ont beaucoup marqué, notamment « Tigermilk ». J'estime qu'un morceau s'enrichit avec des arrangements multiples, qu'il s'agisse d’ajouter des cuivres ou des cordes. En revanche, je m'efforce de réaliser ces superpositions de manière opportune et non systématique. Je réfléchis toujours en fonction de l'intérêt de la chanson, sans en perdre le fil en en « faisant trop ». De plus, je trouve stimulant d'explorer des sonorités nouvelles. Pour Speedball, j'ai trouvé le riff au balafon, un instrument avec des lamelles en bois qu'on trouve en Afrique de l'Ouest (le mien vient de Guinée). Tout le morceau est parti de cet instrument, il est donc structurant et absolument pas accessoire. Idem pour le morceau Kalimbalism, j'ai trouvé le riff avec une kalimba, un instrument originaire du Zimbabwe. Avant l'enregistrement de mon album « Grand Tour », j'ai rapporté des instruments du Brésil et du Chili, entre autres. Petite précision : j'ai appris à jouer de la kalimba grâce à une association francilienne, Les Lézards Noirs, qui apprend à construire soi-même et à utiliser ce type d'instruments. Je n'aurais pas réussi à apprendre à jouer de la kalimba tout seul, c'est un instrument assez compliqué, avec 15 notes différentes. Il faut comprendre la gamme aussi. Le balafon dispose de 5 notes, on a donc une gamme pentatonique (Do-Ré-Fa-Sol-La). Et pour le cavaquinho, que l'on retrouve sur The Sea Castle, c'est un peu comme une guitare avec 4 cordes, plus facile donc. Je n'ai jamais utilisé de clavecin en revanche, c'est un instrument que j'aimerais bien introduire. Bien utilisé, comme dans les morceaux de Forever Pavot par exemple, cela rend très bien. Je pense aussi au glass harmonica, mais je ne sais pas trop comment l'intégrer pour le moment. Idem pour le koto, une sorte de harpe japonaise, utilisé notamment par la musicienne Fantôme, dont les compositions sont originales et habitées, ou par le groupe belge Venus. Mais c'est très connoté, donc moins facile à utiliser.

    Baptiste et Gérald : Quel est l'effet que tu souhaites produire en utilisant tous ces instruments, disons exotiques ? 

    Orouni : Une de mes motivations principales est la recherche d'un son distinct et d'émotions différentes. Je souhaite aussi montrer que la musique occidentale n'est pas seule au monde. Le balafon donne une ambiance aquatique, caribéenne, difficile à retrouver avec d'autres instruments, un son un peu sourd dû aux fréquences basses et médiums, ainsi qu'au son particulier de l'attaque. J'envisage de travailler dans le futur avec des musiciens spécialistes de tels instruments, qui pourraient jouer des parties plus complètes et complexes.

    Baptiste et Gérald : Tu as pris des leçons pour travailler sur l'harmonie et les arrangements ? 

    Orouni : Je me vois plutôt comme un semi-autodidacte, et parfois c'est d'ailleurs un petit drame car je ne sais pas écrire des partitions. Pour les instruments mélodiques, je conçois les lignes en les enregistrant avec un son synthétique sur un clavier. Je donne donc des instructions assez précises aux musiciens, qui écoutent les lignes et les repiquent … Je ne veux pas non plus que les musiciens aient le sentiment d'être des purs exécutants, il est nécessaire qu'ils apportent leur touche, c'est pourquoi j'essaie d'être ouvert à leurs suggestions en studio. En live, je m'efforce également de leur laisser de la liberté. Tant que cela fonctionne comme cela, avec des musiciens qui écrivent des partitions à l'oreille, cela me convient. J'aime cette idée de conserver un certain amateurisme dans ma pratique, au sens de l'innocence et de l'ignorance. Ce qui compte, en la matière, c'est le résultat. J'apprécie les contenus originaux et j'estime que la musique ne doit pas se conformer à des règles trop contraignantes. C'est pourquoi je n'ai pas envie que des cours de composition m'imposent certains cheminements harmoniques, alors qu'il s'agit justement de trouver sa propre voie.

    Baptiste et Gérald : Sur cet EP, tu as repris 4 morceaux qui figuraient déjà sur le précédent album « Grand Tour », sorti en 2014. Pourquoi ce choix ?

    Orouni : C'est une idée des Disques Pavillon, le label sur lequel sort l'EP « Somewhere In Dreamland ». Sur ce disque, Emma Broughton a assuré le chant à ma place. Elle est une excellente chanteuse franco-anglaise que je connais depuis 5 ans, elle avait fait des chœurs sur « Grand Tour ». Je suis très sensible à cette idée d'améliorer des morceaux. Si cela doit passer par le fait de ne pas chanter moi-même, pour un résultat meilleur, je fonce. C'était aussi, en l’occurrence, une manière de faire revivre ces chansons qui n'avaient pas bénéficié d'une exposition stratosphérique.

    Baptiste et Gérald : Tu as fait le choix de l'anglais pour tes paroles, cela pourrait-il changer à l'avenir ? 

    Orouni : J'aime quand la musique possède un fort pouvoir d'évocation. Or quand j'entends des chansons en français, cela me ramène à la précision des choses. Je préfère pouvoir m'imaginer ce que je veux. Ceci dit, il y a des paroliers français que j'aime beaucoup, comme Bashung ou Gainsbourg, qui ont réussi à rester poétiques sans assigner l'auditeur à des ambiances précises. Quoi qu’il en soit, je pense que pour la musique que je fais, les sonorités de la langue anglaise conviennent mieux.  Sans oublier que la musique est à mes yeux un langage qui a vocation à toucher tout le monde, au sens littéral du terme. Pour moi, la mélodie est d’une importance capitale. D'ailleurs, un des plus beaux compliments qu'on m'ait faits est venu d’une personne du Motel (où on venait de jouer) qui m'a dit : « Vous êtes le meilleur mélodiste de Paris ! ». Ce n’est pas forcément vrai mais ça m'a fait plaisir ! Et pour finir sur ce point, je n'ai pas envie de chanter en français par tactique pour rentrer dans les quotas de radio. 

    Baptiste et Gérald : Quels sont justement les groupes que tu écoutes en ce moment ? 

    Orouni : J'aime bien Weyes Blood. Et aussi Requin Chagrin, qui arrive bien à faire sonner le français, c'est très pop, avec beaucoup de réverb sur la voix, qui est mixée en arrière. Et il y a aussi le disque de Clémentine March qui va bientôt sortir, et que je trouve extrêmement intéressant, en particulier en termes de composition. Nous avions sorti un split single en 2015 avec son groupe Water Babies. Elle a une culture très pop, et nous aimons autant la musique brésilienne que la pop anglo-saxonne des sixties.

    Baptiste et Gérald : A l'approche de cette période des vœux, que peut-on te souhaiter pour 2018 ?

    Orouni : D'abord que cet EP, « Somewhere In Dreamland », soit diffusé le plus largement possible. J'aimerais toucher davantage de radios, par exemple. Je rêverais aussi que mes morceaux apparaissent dans des films. Et puis j'aimerais mixer l'album que l'on vient d'enregistrer. Emma Broughton figurera encore sur ce disque, elle chante la voix lead sur deux chansons, et pas mal de chœurs sur d'autres. Elle a intégré Orouni en live aussi. On pourra également entendre la voix de Sofia Bolt [ex Water Babies avec Clémentine March] sur notre prochain album.

    Baptiste et Gérald : C'est le moment de l'interview 'dernier coup' ! Ton dernier coup de coeur ? 

    Orouni : Je vais citer trois films que j'ai vus récemment : « Carré 35 », d'Eric Caravaca, un documentaire sur sa jeune sœur défunte qu'il n'a jamais connue. « Ex Libris », le documentaire de Frederick Wiseman, sur la New York Public Library, un film assez long qui traite du vivre-ensemble par la culture et par l'éducation. Et enfin « Sans Adieu » réalisé par Christophe Agou, un documentaire sur la disparition des paysans.

    Interview d'Orouni (30 novembre 2017)

    Baptiste et Gérald : Tu sembles être très cinéphile. Quel est le film dont la B.O. t’a marqué ?

    Orouni : Je pense au film « Orange Mécanique ». J'aime la relecture de thèmes vieux de plusieurs siècles avec des instruments modernes.

    Baptiste et Gérald : Dernier coup de gueule ?

    Orouni : Contre les quotas de musique francophone à la radio. Dommage que le critère de diffusion d'un morceau ne se fonde pas sur sa qualité. Certes, il ne s’agit pas d’un critère objectif, mais ce n’est pas parce que les paroles d’une chanson sont écrites en français que cette dernière est meilleure (ni moins bonne, d’ailleurs). Qui oserait limiter la diffusion de « Dheepan » de Jacques Audiard, long métrage dont la langue principale est le tamoul ? Cela n’a pas empêché le film de ce réalisateur français de remporter la Palme d’Or. De même, Air, Daft Punk et The Dø sont des musiciens dont la musique ne toucherait pas autant de public si elle était interprétée en français. J’ai du mal à comprendre comment on peut volontairement poser des limites, en musique (sauf des contraintes créatives qui peuvent s’avérer fécondes), car pour moi c’est un domaine où la liberté doit être totale.

    Baptiste et Gérald : Et ton dernier coup de rouge ? 

    Orouni : Il y a un mois et demi, on a fêté un anniversaire, et avant-hier j'ai éclusé, enfin, toutes les bouteilles de rouge qui m'étaient restées sur les bras. Depuis, je suis passé au blanc.

     

    Prochains concerts :

        - La Malterie (Lille) le 16 décembre 2017.

        - En showcase au Walrus (Paris, rue de Dunkerque) le 9 février 2018.

     

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  • - Jo Wedin & Jean Felzine : Chanter, baiser, boire et manger

    - La Féline & Laetitia Sadier : À La Divinité (The Belief Song)

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    - Orouni (avec Emma Broughton) : Uca Pugilator

    - Doublette : Diapason

    - Etienne Daho : Les flocons de l'été

    - Nicolas Vidal (avec Pascale Daniel) : Amore

    - Pendentif : Vas-y fais le vite

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    Antipole : Shadow lover


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  • - Morrissey : Spent the Day in Bed

    - Utro : Something is going wrong

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    - Xavier Boyer : QuattroSonic

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    - Céline Tolosa & Van Gogh Superstar : Paris-Cabourg

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  • Interview de Mehdi Naili et Sébastien Crépinior, de Vision Paname (13 septembre 2017). 

    Je rejoins Mehdi et Sébastien dans un bar de la rue Saint-Denis, à Châtelet. Plus qu'un quartier pour eux, c'est un terrain de jeu, une zone d'observation des looks néoromantiques de la mode qui vient dans le coeur de Paname, pour ces inséparables dont les visions artistiques convergent. A suivre, l'interview d'un duo autoproclamé Wave Klub et dont vous pourrez apprécier l'énergie froide ce vendredi soir au Pop In, pour This Is French Pop #3. 

    Interview de Vision Paname

    Little John Le Blog : Alors Vision Paname, c'est quoi la Wave Klub ? 

    Sébastien Crepinior : Il y a deux éléments, tout d'abord le mot Wave renvoie à la fois à la New Wave évidemment, mais aussi à la Synth Wave ou la Cold Wave, des styles que l'on retrouve surtout dans les années 80, avec Depeche Mode, Duran Duran et Human League. 

    Mehdi Naili : Et d'un autre côté, l'idée à la base de notre projet musical est de faire revenir cet univers musical dans les clubs. On a aussi la volonté de retrouver l'esprit rock, mais par la musique électronique. 

    SC : Je suis tout aussi féru de musique club que Mehdi. J'ai travaillé dans des groupes white label, un des piliers de la culture club. J'ai joué du clavier pour des groupes de BPM Records, j'ai bossé sur de la house music aussi, pour Detroit etc. 

    LJLB : Vous êtes nostalgiques des périodes clubs ? 

    MN : A titre personnel, oui. Je me plonge en ce moment dans les années Human League et n'en ressors que rarement ! A cette époque, tu arrivais dans un club, il y avait des supers morceaux qui passaient toute la nuit, c'était l'extase. 

    SC : En revanche ce qui manque aux musiques club aujourd'hui et qui existait à l'époque, c'est l'aspect néoromantique, et c'est peut-être cette dimension qui nous distingue le mieux finalement. 

    MN : On essaie en effet d'incorporer  à nos morceaux de la nonchalance, de la mélancolie, du frisson et surtout de la poésie. Pour résumer, on s'inscrit dans le prolongement de la french touch, mélangé avec des aspects néoromantiques et bien entendu à la new wave. 

     

    LJLB : On sent bien que vous avez tous les deux la même sensibilité musicale, qu'est-ce-qui pourrait vous différencier ? 

    SC : Cela se joue sur les détails, les nuances. On a des rapports différents à certains genres musicaux. Par exemple, j'aime bien les groupes de rap actuels qui intègrent du trip hop et un son un peu planant...

    MN : … alors que je préfère le rap américain des années 90, les groupes de New York. J'ai aussi travaillé avec des groupes de rap français dans le passé. Et moi-même en tant qu'artiste j'ai commencé dans le rap. Pour Vision Paname, je compose comme sur du rap, avec une MPC.  Il n'y a pas de samples, mais on crée nous-mêmes des lignes mélodiques, que l'on va triturer, et que l'on va implanter dans les morceaux. Je me sens un peu comme un beatmaker. Cette démarche renvoie aussi aux années 80, le côté bidouillage, et immédiat. 

    SC : Avec l'avantage pour nous que les possibilités techniques actuelles sont bien supérieures à ce qu'elles étaient dans les années 80. Il nous aurait fallu un énorme budget à cette période pour avoir le son que l'on a aujourd'hui avec notre propre matériel. Mais je reviens à ta question sur ce qui nous différencie : je pense que j'ai un penchant Cold Wave plus prononcé que Mehdi, et qui peut même parfois basculer dans le gothique. 

     

    LJLB : Passons à vos chansons. New Romance se détache du reste de vos morceaux, l'ambiance y est davantage à la contemplation...

    MN : C'est le morceau le plus mature de tous, par rapport à la profondeur musicale que l'on recherche. C'est ce vers quoi on tend. Et il faut aussi dire qu'avec New Romance, on a bien réussi à plaquer l'univers esthétique que l'on entend imposer à notre musique. On essaie aussi de remettre au gôut du jour l'art total, et de ne pas se cantonner à une discipline, un peu dans l'esprit de la Factory. La visuel a beaucoup d'importance dans nos travaux : quand je commence à composer, il y a toujours une image qui vient, avant la musique. Pour New Romance, on peut imaginer des personnages torturés et seuls, en manque d'amour, et qui se cherchent dans la nuit. 

    SC : Il y a toujours une noirceur dans les textes. 

    MN : On veut faire danser les gens, mais pas sur des textes légers. Et puis, on envisage nos lives comme une performance, ou plutôt une performance DJ : on est là pour ambiancer ! 

    SC : Le terme de performance est très assumé, cela renvoie à l'art contemporain. On a envie d'interroger le public, la puissance de nos morceaux a aussi vocation à choquer.

    MN : Le but est d'accrocher tout le monde à nos morceaux, et le dénominateur commun qui pourra fédérer plusieurs types d'individus réside dans des mélodies accrocheuses matinées d'un néoromantisme qui peut être compris par tout le monde. 

     

    LJLB : Les groupes de French Pop ont tendance à alimenter le retour des années 80 auquel on assiste depuis quelque temps déjà, mais avec vous on a le sentiment que vous commencez à agripper ce qui se faisait dans les années 90...

    SC : Même si je ne crois pas trop aux découpages des cycles musicaux en termes de décennies, on peut dire que Moby est le seul à avoir fait le pont entre 80s et 90s, quand il était chez MUTE. Mais cela n'a pas vraiment accouché d'un mouvement. 

    MN : On essaie aussi de faire ressortir le côté dance, qui renvoie plutôt, c'est vrai, aux années 90, tout en conservant nos références aux années 80 à travers la dominante New Wave de notre musique. On devait s'appeler Borderline au départ, ce qui illustre bien la passerelle que l'on essaie de tendre entre plusieurs genres. On a cette volonté de transcender nos références, sans les masquer. 

    SC : La conséquence de ce postulat, c'est qu'on ne cherche pas absolument à être étiqueté French Pop. 

     

    LJLB : Parlons de vos autres projets musicaux, que nous connaissons bien puisque Digitale Sanguine, fondé par Mehdi, et The Saint Cyr, dont Sébastien est le chanteur, faisaient partie des invités des deux premières éditions de This Is French Pop. Où en êtes-vous ? 

    SC : Je suis toujours avec The Saint Cyr, on joue à la Machine du Moulin Rouge le 17 novembre, avec Rendez-Vous et Trisomie 21. Un album va bientôt sortir. 

    MN : Je suis entièrement consacré à Vision Paname, même si Digitale Sanguine n'est pas terminé. Je suis très fier des morceaux qu'on a sortis. Cette expérience m'a beaucoup apporté, notamment sur la composition de mélodies entêtantes. Cela me sert beaucoup dans mon travail actuel avec Vision Paname. Je suis très à l'aise dans cette position de compositeur, le chant/lead ne me manque pas. 

    SC : En ce qui me concerne, de The Saint Cyr, j'apporte du froid dans Vision Paname ! On se rejoint sur le sens de la mélodie. Sur le chant, j'aimerais bien que Mehdi soit plus devant, je le pousse. On fera un chanson où je ne ferai que des chœurs, ou juste le malin ! On verra, les choses se sont toujours faites assez naturellement entre Mehdi et moi, on ne calcule pas. Pour notre premier morceau, Stay In Touch, on s'est lancé sans réfléchir, Mehdi a commencé à pianoter, j'ai écrit rapidement quelques paroles. On a enregistré direct. Le lendemain, même schéma, et on a écrit I Feel

    LJLB : Pour finir, une question essentielle : si vous n'aviez le droit d'avoir qu'un seul disque, ce serait lequel ? 

    MN : « Speak & Spell » (1981), Depeche Mode. 

    SC : « Black Celebration » (1986), Depeche Mode.

    MN : Cela illustre bien nos personnalités et la dualité de Vision Paname : l'aspect dansant avec les mélodies entêtantes d'un côté, et de l'autre l'aspect plus dark. 

     

    Pour suivre les actualités de Vision Paname : 

    - Facebook : https://www.facebook.com/visionpaname/ 

     

    Les morceaux de Vision Paname en ligne : 

    - Never Stop ! https://www.youtube.com/watch?v=M_NJyGj04CI

    - Smile https://www.youtube.com/watch?v=o4XcubQYIR0 

     


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